[Rape & Revenge] Ils ont rencontré John par Ludovic Metzker

Ils on rencontré John

Bonjour à tous et bonne année,

Le début d’année est toujours propice aux bonnes résolutions. Même si beaucoup n’en prennent plus par peur de ne pas savoir les tenir, j’aimerai vous inviter à en prendre une : lutter contre le harcèlement.

Car c’est un fléau qui nous concerne tous (victimes, agresseurs, témoins, amis, familles…) et qui n’a plus de frontières ni de limites. Alors, si vous êtes témoins ou connaissez une victime de harcèlement, ne la laisser pas se murer dans le silence. Agissez ! Contactez le 30 20 (appel gratuit).

C’est ce thème qu’a choisi d’aborder Ludovic Metzker dans son roman Ils ont rencontré John, paru en septembre 2019 en autoédition.

Je tiens à remercier Ludovic Metzker de m’avoir proposé ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes : de nombreux passages sont susceptibles de heurter certaines sensibilités

– Inconditionnels de thrillers

– Personnes souhaitant se servir d’un projet comme vecteur de sensibilisation

L’intrigue

Je m’appelle Samantha, j’ai 16 ans.
À mon journal intime, j’ai avoué être victime de harcèlement scolaire et de violence.
Je lui ai révélé mes intentions qui font suite à ce drame qui a détruit ma vie.

C’est ce jour-là qu’il est intervenu et qu’il m’a fait la promesse de me protéger.

« Pour sauver Samantha, il va réveiller le démon qui est en lui »

Mon avis

Contrairement à ce qui est indiqué dans la quatrième de couverture, le harcèlement scolaire n’est pas le plus représenté dans ce roman. Enfin, si par « harcèlement scolaire » vous entendez le pilonnage systématique voire le lynchage en place public d’une personne pour un motif quelconque : être en surpoids, grand, roux, avoir grand nez, les oreilles décollées, des lunettes, de l’acné ou encore un appareil dentaire… Et la liste est encore longue, tant ces « motifs » sont nombreux.

Ici, le type de harcèlement abordé, même s’il a aussi lieu dans le cadre scolaire, est nettement plus dévastateur : le harcèlement sexuel assorti du viol.

À ce stade, il est temps de faire un petit distinguo entre les deux, car s’ils vont souvent de pair, ils ne concernent pas les mêmes actes.

En effet, le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d’imposer, de manière répétée, à une personne des propos ou comportements à connotation sexuelle (caresses, baisers…) qui portent atteinte à la dignité de la personne (de par leur caractère dégradant et/ou humiliant) ou créer un climat hostile, intimidant ou offensant.

Selon les cas, le viol peut-être le prolongement du harcèlement sexuel, car il caractérise le fait de contraindre une personne à un rapport sexuel (vaginal, buccal ou anal) sans son consentement avec ou sans usage de la force, menace, ruse ou surprise.

Ils ont rencontré John est donc un roman de type Rape & Revenge (viol et revanche). Il s’agit d’un sous-genre du thriller nettement plus utilisé au cinéma qu’en littérature. Comme son nom l’indique, il met en scène un ou plusieurs viols, suivi de la vengeance de la victime ou de ses proche, par elle-même ou une tierce personne.

Concernant le cadre du roman, même s’il n’est nul part précisé le nom d’une ville, on peut néanmoins assez facilement le situer dans le nord de la région parisienne, zone largement connue pour son climat d’insécurité liée à des trafics en tous genres. Tous ces éléments, sont repris par l’auteur qui nous plonge dans une ville, pas si fictive pour l’ériger en symbole.

Entre des extraits du journal intime de Samantha et la narration à la troisième personne, l’auteur prend le temps de planter le décor, d’y distiller l’atmosphère adéquate et d’y faire évoluer les personnages pour faire passer l’intrigue à la vitesse supérieure.

Dès lors, le rythme oscille entre un calme relatif et des péripéties qui constituent une véritable réaction en chaîne, emballant la machine infernale… pour le plus grand déplaisir des caïds locaux.

La narration est fluide, efficace, sans fioritures, mais non dénuée d’une certaine touche d’humour, qui aide à maintenir un semblant de légèreté et contribue à faire retomber la tension. Les descriptions sont suffisamment détaillées pour nous faire visualiser les décors et autres scènes d’action comme de torture. Dignes des plus grands blockbusters dans la veine de la saga Taken, ces scènes d’action peuvent paraître un peu too much. D’ailleurs, même l’auteur s’en amuse :

« —Ils vont vous massacrer… Vous avez quelques armes dans votre boîte à gants, mais eux… Vous allez leur dire quoi ? Coucou bande de cons, je suis John, tremblez ? On n’est pas dans un film…

Le pire, c’est que tu as raison… J’aurais dû demander au préparateur de me faire une voiture avec des cachettes dans la banquette arrière ! Ridicule, elle est déjà assez équipée en blindage et en système de sécurité… J’ai joué la carte de l’économie ! Je dois t’avouer que le coffre contient quelques petites armes, histoire de m’amuser… C’est important de s’amuser comme, par exemple, laisser courir un homme dans les bois et tester si tu mérites toujours ton record du monde de tireur d’élite longue distance ! J’ai loupé ma cible… je lui ai esquinté le testicule gauche, le pauvre, il pleurait ! Pathétique pour un violeur multirécidiviste… J’ai aimé l’embrocher et le faire cuire au-dessus d’un feu de camp ! Mais tu as raison, Jamal, nous ne sommes pas dans un film… Dans un film, la victime est un acteur et il est payé pour faire semblant d’être quelqu’un d’autre ! Dans la vie, les gens sont ce qu’ils sont jusqu’au jour où le destin nous unit… à la mort ! »

Réduits à leur strict nécessaire, les personnages sont tous très bien construits, parfaitement identifiables et surtout très humains. Même les plus inhumains finissent par redescendre sur Terre et ça fait du bien.

« L’homme devient le pire des animaux dès lors qu’on lui confère une once de pouvoir ! Il devient chien qui aboie, tigre qui rugit férocement, moqueur comme une hyène, fier comme un aigle… Il oublie qu’en lui réside la capacité de penser, d’aimer, de pardonner ! Père a donné le libre jugement, la liberté de faire ou de défaire… Moi, je constate que les animaux sont souvent plus humains que celui qu’on ose appeler « Homme » ! »

Le Verdict

Très bien construit, rondement mené et tout simplement addictif, Ils ont rencontré John est un excellent roman signé Ludovic Metzker. Dans un sens, il en deviendrait presque feel good, tant il véhicule l’idée qu’aucun crime ne peut rester impuni éternellement. De quoi redonner du baume au cœur des victimes silencieuses et obéissantes.

Un sans-faute qui ne me laisse qu’un seul regret : que John ne soit qu’un être de papier. D’un côté, s’il existait des John, je me dis qu’ils auraient fort à faire. Mais de l’autre, que deviendrait le monde si la loi du Talion venait à remplacer la justice, même lorsque celle-ci devient aveugle et sourde ?

Si ce roman vous donne envie d’en savoir plus sur son auteur, rendez-vous sur son siteFacebookInstagram et même Youtube.

Et n’oubliez pas, face au harcèlement, la meilleure protection passe la dénonciation. Alors (ré)agissez ! Appelez le 30 20 ou rendez-vous sur le site du gouvernement.

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

Coup de Foudre +18

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