La parole à… Ludovic Metzker

Ludovic Metzker

Bonjour Ludvic, je te remercie d’avoir accepté ma demande d’interview. J’espère que tu n’as rien contre le tutoiement, car c’est un usage ici.

Avant de te harceler de questions, je vais présenter Matt Dubois – Les citrouilles ne sourient jamais aux lecteurs.

Depuis quelques années, à la même période, des jeunes femmes sont retrouvées assassinées de manière étrange : leur tête est recouverte d’une citrouille.
Pour résoudre cette enquête, le pilier de « La cage à poules », une unité dédiée aux crimes déviants, va devoir reprendre du service.

« Vous aimez les secrets ? Lui aussi ! »

Sorti le 6 décembre 2019.

Commençons par la question que personne n’aime, mais ô combien importante : pourrais-tu te présenter ?

Bien avant d’endosser la casquette d’auteur, j’ai longuement travaillé dans le domaine du commerce, que ce soit dans le prêt à porter femme, la bureautique ou le bâtiment ! Étant autodidacte, cela m’a donné l’occasion de découvrir le métier d’imprimeur et de toucher un peu à la communication. J’aime apprendre !

Sur ton site on peut lire cette phrase à propos de toi : « Qu’importe l’histoire que vous découvrirez, sachez qu’il y aura toujours une part de Fantastique… ». Pourquoi avoir choisi le fantastique comme genre central à ta production littéraire ?

Le Fantastique est pour moi un genre qui oblige l’auteur à aller plus loin dans la créativité. Contrairement à ce que certains peuvent croire, le Fantastique, dans de nombreux titres, me sert uniquement de déclencheur, car j’aime avant tout mélanger le réel et l’imaginaire. Avant de débuter une histoire, je me pose la question suivante : est-ce que cela pourrait « exister » ? Si la réponse est positive, je me lance dans l’aventure.

Matt Dubois – Les Citrouilles ne Sourient Jamais est loin d’être ton coup d’essai. À ce jour, tu es l’heureux auteur de pas moins de 16 ouvrages – pour un total de 4788 pages en broché – en 4 ans. Tu publies ente 3 et 4 livres par an. Comment fais-tu pour tenir un tel rythme ? As-tu des bras supplémentaires ? Es-tu vraiment seul dans ta tête ? Ou as-tu tout simplement trouvé la recette miracle que beaucoup cherchent ?

En fait, c’est six ans 😊 Ah oui, quand même ! Je n’ai pas du tout compté. En revanche, je peux te dire qu’avec toutes les versions existantes, tu peux quadrupler ce chiffre. Les gens se posent parfois des questions à mon sujet. En 2017, j’avais même été traité de « plagiaire », mais la vérité est tout autre : j’ai la capacité de pouvoir imaginer des histoires assez rapidement ! Mon disque dur contient pas moins de quarante « idées » et il faut savoir que j’écris très très rapidement. Ce n’est pas de ma faute si mon cerveau ne s’arrête jamais et je dois te dire qu’il m’épuise 😊 Il m’arrive d’écrire une histoire et d’avoir plusieurs idées qui émergent, sans prévenir. Ainsi, j’ai imaginé un système avec des bases dans lesquelles je vais piocher pour inventer une énième histoire. Depuis que je suis « enfant », j’avais cette furieuse envie d’inventer et l’écriture est tout bonnement l’outil idéal pour quelqu’un comme moi. Depuis 2017, j’ai la chance d’avoir une petite équipe de Bêta-lectrices qui me suit ! Les filles me prennent pour un dingue inépuisable ! Certaines de mes histoires ont fait dodo dans ma tête pendant… 30 ans !

Comment est né Matt Dubois – Les Citrouilles ne Sourient Jamais ?

Matt Dubois est un personnage que j’avais imaginé en 2014. À cette époque, je voulais avoir mon « SHERLOCK » ou mon « LUTHER ». Je voulais un personnage haut en couleur, intrigant et fascinant. Le problème ? Je n’avais pas du tout confiance en moi et il faut dire que de nombreux auteurs de renom avaient déjà un pied dans ce genre littéraire. Pour moi, Matt Dubois n’irait pas plus loin qu’un concept et finirait dans mon disque dur. En écrivant les deux premières idées, je voulais des histoires à la fois invraisemblables et coup de poing. Il était hors de question de faire dans le « déjà vu » ! Matt Dubois m’avait déjà demandé énormément de boulot. Il faut savoir que si c’est pour faire dans l’existant, j’abandonne une histoire. Le but de Matt Dubois était de raconter un ensemble complet d’histoires relié entre elles et j’aime aussi donner de la vie à mes personnages.

Je suis vraiment heureux que les lecteurs aiment ce trio !

Les maîtres du polar classique ont habitué les lecteurs à n’avoir qu’un inspecteur. Avec le temps et les séries télévisées, le traditionnel détective privé solitaire a laissé place à un duo d’inspecteurs. De ton côté, tu vas encore plus loin avec ton équipe de trois personnes mixtes. Pourquoi ce choix ?

Comme expliqué un peu plus haut, lors de la création d’une histoire, je me pose plusieurs questions ! La dernière question qui me turlupine régulièrement est celle-ci : est-ce original ? Je suis « obsédé » par ce désir de casser les codes habituels, de tout faire pour me dégager de l’existant. Matt, Mélinda et Joachim sont totalement différents dans tout. On y retrouve cette chose qui me passionne : en finalité, ils nous ressemblent ! J’adore donner une existence à mes personnages. Je ne veux pas raconter une simple histoire et pour moi, les « personnages » sont des éléments importants à la consistance d’un récit. Matt, Mélinda ou Joachim rejoignent mon idée d’offrir au lecteur cette envie de s’y retrouver un peu, beaucoup ou… pas !

Tu as raison de dire que dans la plupart des cas, nous retrouvons un seul « héro » ou un « duo ». Dans bien des cas, le « second » personnage sert de témoin en racontant l’histoire du premier en le mettant en valeur comme « SHERLOCK ». Ici, les trois personnages se racontent : ils ont leur propre histoire, leur propre vie…

C’est vrai. On pourrait même ajouter qu’ils sont complémentaires et ne servent pas de faire-valoir à aux autres personnages.

Sans rien dévoiler, on peut dire que la fin du roman est un peu atypique et surtout ouverte. Penses-tu faire une suite à cette aventure de Matt Dubois ou restera-t-il un roman unique, un « one shot » ?

Dès le départ, c’est-à-dire en 2014, « Matt Dubois » a été pensé comme une série télévisée. Si tu as fait attention, on retrouve quelques éléments qui permettent de maintenir le lecteur en haleine !

Tu as un fil conducteur principal, LE fil rouge qui va durer un temps, comme une saison : on le découvre uniquement à la fin !

Les autres fils tournent autour de nos « héros ». C’est un peu stupide ce que je vais dire, mais tant pis : pour moi, un livre se doit d’être comme une pièce de théâtre ! Ce sont les acteurs qui portent l’histoire et non le contraire. C’est exactement ce que j’aime dans mes personnages : ils se suffisent à eux-mêmes, je crois bien ! Que serait Hamlet sans « Hamlet » ? Que serait Roméo et Juliette sans « Roméo et Juliette » ? Absolument rien du tout, juste une histoire banale ! En créant le personnage de MATT DUBOIS, il me semblait évident qu’il y aurait une « véritable » suite puisque tout est construit de la sorte ! Mon rêve serait que Matt devienne un flic réputé comme « Maigret » ou « Hercule Poirot »…

Voilà un scoop qui va ravir tes lecteurs, mais aussi ceux qui te découvrent !

Peux-tu nous parler de tes futurs projets ou est-ce encore top secret ?

Mes livres utilisent un code bien précis : ils posent, dans le texte, des indices qui laissent à penser qu’une suite est envisageable. Pour le moment, même si je sais que JOHN et MATT sont aimés du public, j’ai aussi envie de sortir plusieurs Thrillers de mes tiroirs ! Il existe six projets : ils font dodo et je crois qu’il est temps de les dépoussiérer !

Nous allons avoir l’occasion de parler d’un thriller qui aura lieu dans le domaine des pompes funèbres, un autre qui rappellera Basic Instinct, un autre qui se voudra machiavélique à souhait… Et j’en passe. Bien sûr, nous retrouverons John et Matt, mais… chut ! Je suis persuadé qu’il ne faut pas trop « surfer » sur une vague, de peur de devenir « saoulant » ! Il y aura un ou deux livres avant la sortie d’un nouveau « John » ou « Matt ».

La plupart du temps, les jeunes auteurs passent par l’édition traditionnelle. Qu’est-ce qui a motivé ton choix pour l’auto-édition ?

En fait, je n’avais pas vraiment le choix. Je m’explique : il n’est pas facile de se faire éditer et de toi à moi, trouver une maison qui ne m’impose pas un style, est difficile ! Lorsque j’avais présenté une de mes histoires, l’éditeur voulait absolument qu’il y ait du sexe entre le héros et deux jeunes filles… Il en était hors de question puisque ce dernier représentait une sorte de « père » ! J’ai refusé quelques contrats, car j’ai ma propre idée de ce que je veux offrir aux lecteurs.

Si je casse les codes dans mes histoires, ce n’est pas pour qu’on m’en impose ! Là, j’ai trouvé une maison d’édition qui aime ce que je fais et qui ne cherche pas à me dire : ici, tu devrais mettre du sexe parce que c’est vendeur… ou là, tu devrais faire comme dans tels films parce que c’est bien ! Je le dis et redis : si c’est pour faire « pareil » que tous les autres auteurs édités, ça ne m’intéresse pas du tout ! Il y a des recettes que les éditeurs utilisent sans cesse, cela me semble évident, mais… et si on changeait tout cela ? 😊

En effet, tu as bien raison. Qui d’autre que l’auteur pour connaître son univers et l’alchimie entre ses personnages ? Et puis, le lecteur lui-même demande de la nouveauté…

Une petite dernière pour la route. Quel message ou conseil voudrais-tu transmettre à tous ceux qui rêvent d’être édités ou d’éditer leurs ouvrages ?

Mes propres erreurs, ma propre expérience : il faut se lancer dès lors qu’on propose quelque chose de sérieux. J’attache une importance capitale à proposer un texte propre. Je sais que rien n’est parfait, mais à mes yeux, il faut une qualité digne d’un professionnel. Je ne juge personne, mais certains auteurs, malgré de bonnes idées, ne sont pas du tout professionnel et lâchent dans la nature des récits mal écrit ! Ce n’est pas parce que nous sommes en autoédition qu’il faut impérativement proposer des « trucs » parce que ça fait trop classe de voir son livre sur Amazon ! Je dis non et non ! Si on veut devenir le futur « MACHIN », il faut s’en donner les moyens, tout simplement !

Voici quelques points importants pour un futur auteur :

1 – L’écriture est un métier solitaire ! Il ne faut pas avoir peur de cela, car je peux vous dire que ce n’est pas facile d’être SEUL, dans son monde et faire face à des gens qui ne vous comprendront pas vraiment ! Oui, pour de nombreuses personnes, auteur est un « hobby » !

2 – Il ne faut pas hésiter à se renseigner, se documenter, apprendre, découvrir ! Je vais être dur dans mes propos : ce n’est pas parce que vous écrivez une fiction que vous pouvez vous permettre d’écrire / dire n’importe quoi ! Prenez le temps d’apprendre, prenez le temps de découvrir et d’être certain dans ce que vous allez écrire : rien n’est plus rageant de voir des textes racontant des approximations !

3 – N’écrivez jamais comme vous parlez ! Vous vous adressez à des gens qui veulent, en premier lieu, se détendre et sortir d’un monde qu’ils connaissent. Ne confondez pas ce qui peut être dit dans les dialogues avec ce qui peut être dit dans le texte lui-même !

4 – Ne cherchez pas à faire du Zola ou du Hugo : vous vous mentirez à vous-mêmes et le lecteur le découvrira ! Soyez VOUS ! Pour cette raison, revenons sur un premier point : apprenez, toujours et encore !

5 – Je vous confie le code que j’utilise pour écrire mes livres : la condition « Sine Qua Non », un terme juridique que j’utilise régulièrement ! Une série de questions qui se doivent d’avoir des réponses ! Si une seule question n’a pas de la réponse, je ne me lance pas dans un projet ! Voici un exemple de questions :

« Qui ? Pourquoi ? Comment ? Où ? »

« Sine qua non » signifie tout bonnement « sans quoi, non ! » : posez vous sans cesse ces questions, que ce soit pour la création d’un personnage ou d’un univers ! Vous découvrirez combien il est difficile d’apporter de la crédibilité 😉

6 – Dernier point : mon Dieu, ne faites pas des tonnes de descriptifs ! Je pars d’un principe parfois critiqué : trop de descriptions signifie que vous n’avez absolument rien à raconter ! Et nous ne sommes plus en 1915 😊 Ce qui était bon pour Tolkien à cette époque ne l’est plus forcément de nos jours ! Après, il s’agit de mon point de vue… Partez aussi du principe que si c’est très classe d’avoir un champ lexical enrichissant, cela « emmerde » de nombreux lecteurs : ils veulent LIRE pour se détendre, pas pour lire un dictionnaire 😉

N’oubliez jamais de vous demander « À QUI JE VAIS M’ADRESSER » !!! Si c’est pour une certaine élite, lâchez-vous avec des mots compliqués pour le commun des mortels. Si c’est pour écrire un livre accessible au « peuple », adressez-vous à eux comme il se doit sans pour autant parler comme un rustre 😊

Merci beaucoup Ludovic pour ces précieux conseils. Je te souhaite de passer d’excellentes fêtes de fin d’année et j’espère que Matt Dubois – Les Citrouilles ne Sourient Jamais trouvera son public et rejoindra la liste de tes best-sellers.

Je vous souhaite à toutes et à tous de merveilleuses fêtes de fin d’année ! J’espère ne pas avoir été trop long 😊

Rendez-vous le 28 décembre pour la chronique de Matt Dubois – Les Citrouilles ne Sourient Jamais. En attendant, rendez-vous sur son site, Facebook, Instagram et Youtube.

Joyeux Noël et à bientôt !

Une réflexion sur “La parole à… Ludovic Metzker

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s