[Horreur/Fantastique] La Nuit Derrière la Porte par Cédric Murphy

La nuit derrière la pote

Bonjour à tous,

Avant de refermer définitivement de livre de 2019 et de le reposer sur une étagère, je vous invite à réfléchir sur l’être humain. Car s’il peut réaliser de grandes choses et de révolutionner notre quotidien, il est aussi capable du pire.

Dans son dernier roman, La Nuit Derrière la Porte, Cédric Murphy s’est penché sur les vices humains et leur étendue… créative. Publié en autoédition depuis le 23 novembre dernier, voici une excellente idée de lecture pour prendre de vraies bonnes résolutions.

Un grand merci à l’auteur de m’avoir proposé ce SP, car c’est vraiment une découverte incroyable.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes avertis : contient de nombreuses scènes susceptibles de heurter la sensibilité de certaines personnes

– Inconditionnels du genre et en particulier de slashers*

– Personnes souhaitant insérer plusieurs focalisations dans un récit

L’intrigue

« N’ouvre surtout pas la porte, Véro ! Même si c’est moi. Je t’aime. »
Véronica Vidal reconnait la voix de son mari sur le répondeur, devine sa détresse et sa douleur, mais reste incapable de comprendre son message. Pourquoi doit-elle s’enfermer chez elle ? Que risque-t-elle à sortir ? Qui peut leur en vouloir ?
Et, surtout, qui vient de toquer à sa porte ?

À mesure que la nuit avance, le cauchemar se referme sur elle…

Mon avis

« Vous avez un nouveau message. Nouveau message reçu aujourd’hui à sept heures vingt-deux. « Véro, c-c’est Marcus. Écoute, c’est important. » Voix saccadée, murmures craintifs. Grésillements. »

Avec son incipit in medias res, le prologue nous met directement dans l’ambiance. Il nous catapulte littéralement au cœur de l’intrigue, soulevant un flot de questions, qui trouveront leur réponse en temps voulu. De plus, la première phrase, adressée à Véronica, nous interpelle implicitement. En effet, à travers ce personnage, c’est bien à nous que l’auteur s’adresse, car ce roman nous est destiné.

Au niveau de la structure, ce roman est divisé en trois parties initié par un prologue et clôturé par un épilogue. Chacune des trois parties s’ouvre sur une petite strophe de deux vers. Toutes dans le même thème, elles synthétisent à merveille la partie et forment un petit poème.

Si le récit adopte une narration à la troisième personne, la focalisation change d’une partie à l’autre. En effet, celles-ci sont introduites par une glyphe au nom du personnage dominant. De ce fait, le narrateur se glisse dans la peau du personnage concerné. De ce fait, le récit démarre du point de vue de Véronica, puis migre vers Marcus, son mari, avant de finir avec Luis, un chercheur. Tous trois incarnent un trio de protagonistes.

Fluide, simple, sans fioritures, mais terriblement incisive, la narration nous happe dès les premières lignes. Force est de constater que l’auteur sait faire montrer la tension, alimenter le suspense pour le rendre constant et surtout… jouer avec nos nerfs comme avec nos tripes.

Sur ce dernier point, nous devons plutôt remercier, ou pas, les descriptions. Omniprésentes, elles restent relativement courtes et s’intègrent à merveille à la narration. Mais elles sont également terriblement détaillées et tournent assez vite sur le gore, repoussant sans cesse les limites de la cruauté humaine. Or, comme l’identification aux personnages fonctionne très bien, ces descriptions mettent nos cœurs à rude épreuve.

« Elle récupéra le gâteau de Julia, mordit un bout. Et le recracha aussitôt dans un sursaut douloureux. Quelques gouttes de sang tombèrent avec les miettes noires et le téléphone. Qu’est-ce qui avait pu lui se planter dans son palais comme ça ? D’une main tremblante, elle attrapa quelque chose de fin et glacé, tira dessus, grimaça. Ses doigts glissèrent. Elle força en s’empêchant de serrer les dents, les yeux fermés avec force, brûlants de larmes. »

Justement, les personnages sont ici réduits au strict minimum pour les besoins de l’intrigue. De ce fait, ils portent le scénario et illustrent à la perfection les idées de l’auteur. Suffisamment travaillés pour être crédibles et inspirer un minimum d’identification vis-à-vis du lecteur, ils sont surtout très identifiables et complémentaires.

Le Verdict

Ce n’est pas la première fois que je mentionne cette célèbre citation de Hobbes : « L’homme est un loup pour l’homme ». Et force est de constater à quel point elle est vraie et à quel point La Nuit Derrière la Porte en est un excellent exemple. Mais ce n’est pas la seule source d’inspiration de Cédric Murphy, qui rend hommage au fameux Étrange Cas du Docteur Jekyll et Mr Hyde, célèbre classique anglo-saxon de Robert Louis Stevenson.

Pourtant, l’univers dépeint dans ce roman se trouve aux antipodes du Royaume-Uni. Si aucun nom de lieu n’est évoqué, le nom des personnages – résolument hispaniques – tisse peu à peu un univers digne des films d’horreur fantastique tel que le cinéma américano-hispanique sait le faire, et Guillermo Del Toro en tête.

Pour moi, la seule bizarrerie de ce roman reste son titre. Mis en perspective avec la quatrième de couverture, je pensais lire un huis clos dans le genre thriller psychologique haletant. Or, on se croirait plus dans Halloween ou Scream : un bon slasher dégoulinant d’hémoglobine.

En bref, La Nuit Derrière la Porte est un excellent roman d’horreur fantastique. Il nous happe dès les premières lignes et nous entraîne dans une nuit de folie aux frontières de l’humanité.

* Le slasher (de l’anglais to slash :taillader, lacérer) est un sous-genre cinémtographique du film d’horreur apparu dans les années 1970. Sa structure archétypée est définie dans le livre Games of Terror de Vera Dika. Les films tels que Les Griffes de la Nuit, Vendredi 13 ou encore Souviens-toi… l’été dernier appartiennent à ce genre.

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

coup de coeur 18+

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