[Espionnage / Parodie] Un Espion aux Enfers par Edouard Teulières

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Bonjour à tous,

Ah, le Paradis et l’Enfer (singulier ou pluriel, faites votre choix) ! Deux incontournables de la littérature, mais également deux destinations finales dont on sait finalement assez peu. Étant donné que ceux qui y sont allé n’en sont jamais revenu, ces lieux attisent toujours autant la curiosité des auteurs… pour notre plus grand plaisir.

Et c’est précisément là que nous entraîne Edouard Teulières dans son troisième roman, Un espion aux Enfers. Autopublié par le biais de Librinova, depuis juin 2019, il prend un malin plaisir à massacrer les conceptions idéales de ces lieux mythiques pour nous embarquer dans une aventure en plein cœur des vices humains.

Un grand merci à l’auteur de m’avoir proposé ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes (contiens des scènes susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public)

– Fans de parodies et satires

L’intrigue

En proie aux guerres, à la misère et au désespoir, de nombreux croyants se détournent de Dieu. Ce dernier, sentant la situation lui échapper, joue son va-tout et propose un marché à un pensionnaire du Paradis trop turbulent : se rendre aux Enfers, espionner et enrayer la belle mécanique du royaume du Mal. Cependant, le dénommé Clint découvre des Enfers aux Antipodes des descriptions habituelles : des paysages attachants et variés, des dinosaures, des édifices audacieux, des gens affables, une monnaie originale. Mais surtout un Diable bien plus jovial et aimable que ce que les mauvaises langues racontent sur lui. Chargé également par le Diable de mener une mission sur Terre pour assurer définitivement la victoire des Enfers sur le Paradis et forcer ainsi Dieu à quitter son royaume, ce double jeu va obliger Clint à faire preuve de ruse et de sang-froid, parfois d’oublier la pitié. Et puis, Satan détient certains secrets que, pour rien au monde, il ne souhaite rendre publics. Pourraient-ils être la clé de la victoire ?

Mon avis

Dès la quatrième de couverture, on remarque une chose : Un Espion aux Enfers n’est pas un roman d’espionnage comme les autres. Et pour cause, cette satire se rapproche plus d’un San Antonio que d’un John Le Carré tant il fait la part belle à l’humour. Qu’il soit ironique, second degré, bon enfant, graveleux ou satirique, il demeure omniprésent, assurant ainsi un décalage tout en légèreté. Ajoutez les traditionnels comiques de situation et l’insertion de réparties empruntées à des comiques connus*, vous obtenez un roman tout simplement hilarant et délicieusement décalé.

La narration à la troisième personne est, dans l’ensemble fluide. Elle présente, par endroits, quelques lourdeurs, qui écorchent le rythme de lecture. Cependant, l’auteur sait nous entraîner dans son univers et nous y faire adhérer. De ce fait, ces écueils passent assez vite au second plan.

Très imagées, les descriptions, participes grandement à la dimension comique de ce roman. Voyez plutôt :

« Allongé sur un transat, Dieu regardait la série « Dallas » sur le rooftop de son palais. Délaissant sa traditionnelle toge, il portait un bermuda violet, des tongs, une chemise à fleurs rouges et blanches, un bob Michelin et des lunettes de soleil Oakley, version fin des années 90. Il était de notoriété publique que Dieu avait des goûts de chiottes. »

Il convient également d’ajouter les divers cliffhangers, ainsi que les nombreuses péripéties et retournements de situation, qui alimentent un suspense aussi palpitant que constant.

Quant aux personnages, si ceux-ci sont nombreux pour 157 pages, leur répartition et le travail mené par l’auteur pour leur apporter un maximum de relief aide grandement le lecteur à ne pas se mélanger les pinceaux. En effet, ce roman présente pas moins de 17 personnages importants auxquels il convient d’ajouter des figurants. Compte tenu de la taille du roman, cela reste beaucoup. Toutefois, l’auteur en a fait de véritables archétypes, voire pur certains, des caricatures (au sens artistique du terme) qui donnent un relief particulier à ces personnages toute en les rendant vibrants de réalisme.

« — On va tous faire un selfie. En plus, avec le lion mignon, je vais pouvoir ajouter des hashtags trop choupinoux et tenter de battre mon record de « likes » ! Allez, pouce en l’air, les boys !

Clint se prêta de mauvaise grâce à cette mascarade et Amélie posta le précieux cliché sur le réseau Instagraine des Enfers. Elle sautilla de joie en constatant le nombre impressionnant de « likes » et de nouveaux « followers » déjà récoltés. Sur la photo, Brice affichait un sourire contraint. La jeune femme tomba à la renverse quand elle apprit que Clint n’avait ni compte Instagraine ou FakeBook depuis son arrivée aux Enfers. »

*Vous retrouverez la liste des artistes concernés non pas sous forme de notes de bas de page, mais dans une note à la fin du roman.

Le Verdict

Si l’actualité vous démoralise, Un espion aux Enfers est le roman qui vous fera retrouver le sourire, qu’elles que soient vos opinions religieuses. Avec son intrigue bien ficelée, son exécution au cordeau et son humour omniprésent, difficile de ne pas succomber à de nombreux fous-rires.

Si vous n’avez pas encore fini vos emplettes de Noël, voilà une idée cadeau qui tombe à point nommé. Plutôt pour adultes.

En bref, Un espion aux Enfers est un excellent roman au suspense haletant, complètement décalé et tout simplement hilarant. À lire absolument.

Envie de suivre l’auteur ? Rendez-vous sur son site, Facebook et Twitter.

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

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