[Thriller Fantastique] Lux in Tenebris par Amy Mackenzie

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Bonjour à tous,

Si la littérature foisonne de romans dans lesquels le héros est taillé pour son rôle, il en est d’autres où le destin le frappe sans prévenir et le force bon gré mal gré. Imaginez alors qu’une maladresse fasse d’un étudiant sans histoires ce héros et qu’il n’ai absolument pas envie d’endosser ce rôle. Vous obtenez Ryder.

Lux in Tenebris est le premier roman d’Amy Mackenzie. Publié en février 2019 en autoédition.

Je remercie l’auteur de m’avoir fait confiance pour ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Ados-Adultes

– Inconditionnels du genre

– Personnes désirant écrire un roman à plusieurs narrateurs

L’intrigue

Enfant, on apprend la différence entre réalité et fiction, histoire et légende, vérité et mythe. Mais si tout ceci n’était qu’une question de croyance.

Imaginez un étudiant tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

Nommez-le gardien d’un étrange cube en bois.

Demandez-lui de passer une série d’épreuves improbables.

Et espérez qu’il ne foire pas tout.

Mon nom est Ryder Pearce.

Et croyez-le ou non, ceci est mon histoire.

Mon avis

La première chose que l’on remarque à la lecture de Lux in Tenebris, c’est sont style. D’un côté, les deux citations par lesquelles débute le roman nous mettent dans l’ambiance.

« La lumière brille dans les ténèbres.

Et les ténèbres ne le savent pas. » Évangile de Jean

« Il y a une fissure dans tout.

C’est comme ça que la lumière rentre. » Leonard Cohen, « Anthem »

De l’autre, l’incipit suspensif retarde l’action, mais pas le suspense. Fluide, doté d’un rythme toujours raccord à l’action, simple et sans fioriture, le style nous happe dès les premières pages et ne nous lâche plus avant la dernière. Bien que rapides, les descriptions donnent le strict nécessaire pour se représenter les personnages et les différents décors. Grâce aux mystères successifs, révélations au compte goutte et aux multiples péripéties et retournements de situation, le suspense est à son comble et confère au roman un côté addictif.

La seconde chose, ce sont les personnages. Répartis de façon très homogène (4 principaux, 4 secondaires et environ 4 tertiaires), ils nous sont présentés tout au long de l’intrigue. Très bien travaillés, ils possèdent tous un parlé et une personnalité propre, un passé et connaissent une évolution au fil du récit.

Mais surtout, narration à plusieurs voix oblige, les 4 protagonistes prennent tour à tour la parole avec beaucoup de cynisme, d’ironie et autres traits d’humours plus ou moins corrosifs. Toujours bien placé et bien senti, cette abondance humour créé un décalage comique avec la gravité de la situation. Il faut dire qu’une décision irréfléchie de Ryder, va conduire Madison (sa meilleure amie), Jared (le demi-frère de celle-ci) et Skyla (la correspondante américaine de Madison) à devoir fuir un groupe terroriste pour sauver le monde. Une situation qui, en règle général, ne prêterait pas forcément à sourire… et pourtant… je n’ai jamais autant ris en lisant un thriller.

Par contre, contrairement aux romans à plusieurs narrateurs, le changement n’intervient pas à chaque nouveau chapitre, mais à l’intérieur de ceux-ci. Ils sont donc scindés en plusieurs sous-chapitres par des glyphes.

Niveau symbole, Amy Mackenzie ne fait pas dans la dentelle. D’une part, elle distille çà et là des petits détails auxquels on prête à peine attention pour les réutiliser au moment où on s’y attend le moins.

D’autre part, elle développe un unique thème central : le langage.

Question vaste, s’il en est, qu’elle traite à travers plusieurs sous-thèmes que l’on pourrait classer en 2 catégories : la communication et la fiction.

Assez succin, ce premier sous-thème, fait participer tous les personnages à des degrés divers et se matérialiser sur le fond comme sur la forme. On notera, par exemple, les smileys de Madisons, les insertions d’emails, de la communication non-verbale, mais aussi des quiproquos… Autant de modes de communications qui traduisent un besoin fondamental et nous rappeler qu’il s’agit aussi d’un des piliers du savoir vivre ensemble.

Le second est sans doute le plus développé. Mis en avant dès le début par Ryder avec de nombreuses réflexions sur les récits, les légendes et autres discours religieux à travers un leitmotiv récurrent :

« Il n’y a rien de plus magique que de raconter une histoire. Il suffit d’y croire. Et les autres y croiront avec vous. »

Il est ensuite repris et enrichi par Skyla, notamment par le biais d’un récit enchâssé et parallèle à la trame scénaristique. Et si l’on dit souvent que chaque légende cache une part de vérité, l’apparence que revêt cette dernière est parfois trompeuse.

En bref, un primo roman qui pourrait être parfait s’il ne pullulait pas de coquilles, fautes de conjugaison et autres erreurs sur des homonymes tels que « ces » et « ses ». À corriger de toute urgence !

Le Verdict

Lux in Tenebris est un excellent primo roman que l’on pourrait résumer à 3 adjectifs : Sobre, simple et efficace. Cela vaut pour le style, mais aussi pour la couverture correspond à merveille au titre, à l’intrigue et à son ambiance.

Très bien écrit, rondement mené, Amy Mackenzie s’essaie même, avec brio, à l’écriture symbolique.

L’auteure accumule les mystères tout au long du récit et égraine de petits indices pour nous mettre sur la voie – sans trop en dévoiler. En résulte un suspense au top jusqu’à la dernière page pour un roman hautement addictif.

Un thriller très rythmé, mais aussi une aventure humaine et culturelle enrichissante qui ne se prend pas au sérieux. Ici la dérision omniprésente évite une sur-dramatisation particulièrement efficace. Fous rires garantis !

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

coupdecoeur

2 réflexions sur “[Thriller Fantastique] Lux in Tenebris par Amy Mackenzie

  1. Merci pour cette merveilleuse chronique. Ton analyse est très développée. J’y ai découvert une autre perception de mon livre, jamais je n’aurais pensé à le classer en tant que thriller. Comme dirait Ryder, l’histoire dépend de celui qui la raconte, mais aussi de celui qui la lit. Ravie qu’elle t’ait autant plu.

    Petite précision : les fautes et autres coquilles ont été corrigées, il y a quelques semaines.

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    1. Merci pour cette précision Amy, j’ajouterai une mise à jour dans l’article en complément, pour être sûre que les lecteurs le voit.

      Je ne suis pas étonnée que tu ai découvert des choses que tu ne soupçonnais pas, c’est la magie de la Bibli’.

      J'aime

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