La parole à… Sophie Moulay

Sophie Moulay

Bonjour Sophie, je te remercie d’avoir accepté ma demande d’interview. J’espère que tu n’as rien contre le tutoiement, car c’est un usage ici.

Avant de te bombarder de questions, je vais présenter Mort en Plumes aux lecteurs.

De fantôme de maison à fantôme d’investigation, il n’y a qu’un pas que Roger Fournier n’hésite pas à franchir pour poursuivre ses enquêtes d’outre-tombe. Et bien que le luxe bourgeois ne soit pas au rendez-vous, le plaisir de retrouver Tovelle compense bien les petits inconvénients de la vie provinciale. D’autant que le fantôme se fait fort d’aider l’inspecteur et son adjoint à élucider un nouveau meurtre.

Sorti le 26 novembre 2018 aux Éditions du 38.

Pourrais-tu te présenter ?

Je suis une licorne.

Ce n’est pas si éloigné de la vérité, en fait. À côté de mon activité d’auteure, je suis professeur de mathématiques. Si si, ça existe (les licornes aussi !). J’aime beaucoup m’amuser, dans mon métier ou dans mes écrits. Je m’occupe également de mes trois enfants ; autant dire que les journées sont bien remplies et que cela nécessite une organisation très carrée.

Le soir, pour détendre ces petits neurones trop agités, je regarde Netflix ou je lis. Je suis tombée dans la lecture quand j’étais petite et, si je lis moins depuis que j’écris, ça n’en reste pas moins une passion. Je lis principalement des romans issus des genres de l’imaginaire, des romans policiers, ce qui n’étonnera pas mes lecteurs. J’y ajoute de temps en temps une pincée de livres d’histoire : j’ai une vraie passion pour la guerre des Deux-Roses depuis que j’ai lu La fille du temps de Joséphine Tey.

Avant Les Enquêtes d’outre-tombes, tu t’es illustrée dans la fantasy et le fantastique. Pourquoi ce virage vers le policier classique, pimenté par du surnaturel ?

En réalité, c’est l’inverse ! Drôle de mort (premier volet des Enquêtes d’outre-tombe) est le tout premier roman que j’ai écrit. Faute de discipline, écrire le premier jet m’a pris pas moins de dix-huit mois (hors corrections). Néanmoins, j’avais contracté le virus de l’écriture et l’idée d’une série de fantasy est rapidement venue titiller mon cortex cérébral. Les mains plongées dans la mousse de la vaisselle, j’ai imaginé cet adolescent que les prophéties annonçaient comme l’Élu qui sauverait le monde… si les magiciens chargés de le trouver ne s’étaient pas trompés de personne ! J’ai alors délaissé le policier classique et entamé la rédaction des cinq tomes que compte la série L’Élu de Milnor (Milnor est un mathématicien, au passage).

Puis j’ai écrit de la science-fiction, du fantastique, de la jeunesse, de l’adulte. En fait, comme beaucoup d’auteurs, je ne m’interdis aucun genre, du moment qu’on y trouve des éléments fantastiques.

Récemment, profitant que ma Muse se reposait après une indigestion, j’ai pu revenir à mon premier amour, le roman policier façon Agatha Christie, et écrit la suite de Drôle de mort. Tu la connais, il s’agit de Mort en plumes.

Comment t’est venue l’idée des Enquêtes d’outre-tombes ?

J’étais tranquillement en train de végéter devant la télé quand une publicité très curieuse est passée à l’écran. Il s’agissait d’un bonhomme bâton, comme dans les pubs MAIF qu’on voit au cinéma. Il disait : « Ce matin, je suis mort et ce n’était pas prévu. ». La publicité vantait les avantages d’une mutuelle en cas de décès. Mon mari et moi nous sommes regardés avec la même lueur dans le regard. Et si j’écrivais un roman dont le narrateur serait le fantôme de la victime ? Il serait idéalement placé pour suivre l’enquête sur son meurtre. Dès le départ, je souhaitais une ambiance vintage, avec des clins d’œil à l’une de mes auteures préférées quand j’étais adolescente : Agatha Christie. Je me suis rapidement retrouvée à griffonner des fiches personnages, à monter l’intrigue des différents points de vue. Je me suis amusée comme une folle avec mon fantôme, l’acariâtre Roger qui pense que le monde ne pourra pas tourner sans lui et qui découvre qu’en fait, non seulement le monde ne s’est pas arrêté, mais qu’il n’était pas aussi apprécié qu’il le croyait. Je pense que c’est le premier fantôme qui se bonifie dans la mort.

Je n’ai jamais revu cette publicité. Parfois, je me demande si elle ne m’était pas uniquement destinée !

Sur combien de tomes prévois-tu d’étendre les aventures de l’Inspecteur Tovelle et sa bande ?

Bonne question ! Je n’en ai strictement aucune idée. Je pense que je continuerai tant que mes personnages auront quelque chose à raconter. Je vais d’ailleurs me mettre à la rédaction du troisième volet des Enquêtes d’outre-tombe quand j’aurai terminé le roman que je suis en train d’écrire (le deuxième et dernier tome des Voyageurs du livre-portail). J’espère l’avoir terminé en septembre ou octobre prochain.

As-tu de nouveaux projets pour après cette série ?

Oui, j’en ai quelques-uns, forcément, mais pour le moment, ils sont encore à l’état d’embryon, quelques lignes jetées dans un fichier. Tous sont plus sombres que les romans que j’ai pu écrire jusqu’à présent, destinés à un public adulte. Ah non, il y en a un qui sera assez léger : j’aimerais développer les protagonistes d’une de mes nouvelles, Un rat glacé, parue en 2013 dans le webzine L’imaginarius : le choc des cultures entre un comptable vampire végératien (sic) et un incube stupide.

Chose assez rare, tous tes livres ont été publiés par les Éditions du 38. Peux-tu nous expliquer les raisons qui t’ont conduite à pousser la porte de cette maison d’édition et à y rester ?

J’ai publié auparavant dans trois autres maisons d’édition. Dans deux d’entre elles, j’étais une auteure parmi des dizaines d’autres, noyée dans une production effrénée. Bien que je leur sois reconnaissante de m’avoir donné ma chance, je ne m’y sentais pas vraiment à mon aise. Dans la troisième, j’ai trouvé une ambiance familiale où mes textes étaient retravaillés et réellement mis en avant. Mais cette maison d’édition a dû hélas fermer ses portes. Aussitôt, Sylvie Kaufhold et Anita Berchenko (respectivement directrice de collection et éditrice des Éditions du 38) m’ont contactée pour les rejoindre. Je les connaissais déjà pour avoir précédemment travaillé avec elles, je n’ai pas hésité un instant. J’apprécie énormément cette ambiance chaleureuse qu’elles tissent avec leurs auteurs. Aux Éditions du 38, on se sent choyé, écouté, nous travaillons dans une confiance réciproque. Dès que j’ai pu, j’ai rapatrié l’ensemble de mes textes aux Éditions du 38 et publié plusieurs inédits.

Une petite dernière pour la route. Quel message ou conseil voudrais-tu transmettre à tous ceux qui rêvent d’être édités ou d’éditer leurs ouvrages ?

Je vais être très originale : persévérer et écrire encore. C’est en écrivant qu’on s’améliore, mais aussi en se confrontant aux regards extérieurs. Je suis membre d’un forum, Cocyclics, où on pratique la bêta-lecture (pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de relectures approfondies et constructives sur tous les aspects du texte, qu’ils soient de fond ou de forme). Personnellement, bêta-lire d’autres personnes m’a permis de poser un regard nouveau sur mes propres écrits et de les améliorer bien plus vite que si j’étais restée seule. Cela fait maintenant huit ans que je fréquente cette communauté et, cerise sur le gâteau, je m’y suis fait de véritables amis qui partagent cette passion de la lecture et de l’écriture.

Merci beaucoup Sophie. Je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite.

Pour lire ou relire ma chronique sur Mort en Plumes, c’est ici. Pour vous procurer le livre, ce sera par .

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