[Bit-lit/Horreur] Démons par Shirley J. Owens

Démons

Bonjour à tous,

Halloween, c’est fini, mais l’hiver ne fait que commencer.

Alors, en attendant la féerie de Noël, je vous propose de découvrir Démons de Shirley J. Owens. Publié en 2016 par Séma Éditions, cet ouvrage se situe à la croisée entre la bit-lit et l’horreur, avec un soupçon de fantasy. Je les remercie encore pour ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes (de nombreuses scènes sont susceptibles de heurter les âmes sensibles)

– Les inconditionnels de bit-lit

– Amateurs de mélange des genres

– Auteurs rencontrant des difficultés pour faire souffrir leurs personnages.

L’intrigue

« Souffrir ou faire souffrir ? Tuer ou mourir ? Les choix étaient simples, et limités. Il n’y en avait aucun autre. »

Dans un monde sans pitié, Aldavir, un jeune orphelin, a la chance d’être recueilli par un vieux marchand. En route vers Burnwick, un village isolé, ils sont attaqués par un loup, et le garçon se retrouve livré à lui-même. Propulsé au cœur de la terrible malédiction qui frappe le village, séquestré et manipulé, il va devoir se battre pour espérer survivre et peut-être vaincre ce mal mystérieux, sans compter les horribles créatures qui en résultent…

Mon avis

Si les expressions du type « tomber de Charybde en Scylla » ou « choisir entre la peste et le choléra » ne vous laissent pas de marbre, sachez que ce roman en est une illustration parfaite. D’ailleurs, le résumé le suggère assez bien.

Son incipit in medias res nous plonge tout de suite dans l’ambiance. Au fil des pages, on découvre une peinture originale de la lycanthropie, assez proche de la zombification. En effet, ici, les prédispositions génétiques cèdent le pas à une malédiction. L’enjeu est donc de tout mettre en œuvre pour la briser, quitte à en oublier la morale. Le tout construit autour d’une intrigue de type puzzle. Le lecteur va de révélation en révélation (toutes plus sombres les unes que les autres) accompagné d’un sentiment d’insécurité grandissant.

Au niveau du style, on saluera les descriptions très imagées qui garantissent une immersion totale dans l’univers de l’auteur. Ici encore, fluidité est synonyme d’efficacité pour notre plus grand plaisir. Voyez plutôt :

« Les derniers mots de Radulf s’étranglèrent dans sa gorge  : un homme venait de surgir sur la route, à quelques mètres de là, les vêtements déchirés, le visage maculé de sang et affreusement mutilé. Il avait perdu un œil, son nez était fracturé à plusieurs endroits, et une entaille profonde traversait sa tempe gauche jusqu’à son oreille. Un long gémissement plaintif s’échappa brusquement de sa bouche grande ouverte lorsqu’il aperçut la charrette.

Aldavir prit tout à coup conscience qu’il avait cessé de respirer, et que le véhicule s’était immobilisé. Il laissa l’air s’engouffrer dans ses poumons douloureux, tandis que Radulf lui collait d’autorité une arbalète entre les mains. Le marchand s’empressa d’en lever une seconde vers le cadavre ambulant, puis vers l’endroit d’où celui-ci émergeait  : des branches craquaient. Quelqu’un – ou quelque chose – approchait. Klothilde avait également ressenti le danger. Elle piétinait la neige avec l’envie irrépressible de fuir dans l’autre sens.

Enfin, une silhouette sombre et massive apparut entre les arbres. C’était un loup immense au pelage brun. Aldavir n’en avait jamais vu de cette taille. Ses doigts tremblants se crispèrent sur l’arme. »

Introduits au compte-goutte, les personnages sont très nombreux et variés. Le travail individuel, notamment autour de leur passé, les rend très réalistes. De ce fait, même les personnages secondaires ou « méchants » nous touchent à leur manière.

En terme de symbolique, cette œuvre est partagée en 4 grands thèmes qui ne cesse de s’entrechoquer.

D’un côté, on retrouve l’individu dans toute sa solitude. En proie à de trop lourds secrets, il devient victime de la malédiction et sombre dans ses propres ténèbres. Dans ce cas précis, la lycanthropie sert de catalyseur à cette part d’ombre qui sommeille en chacun de nous et lui donne un écho visible, ainsi qu’une dimension spirituelle. D’où l’importance de dompter nos démons avant que ceux-ci nous dominent et nous fasse perdre la raison.

À l’opposé, on retrouve le groupe, incarné par la famille ou la communauté. Même si en ce qui le concerne, la fin justifie les moyens, il est animé par une seule volonté : la recherche du salut. Symbole d’un cocon, elle reste néanmoins la source de secrets (plus ou moins avouables). Son caractère duel lui vaut d’apparaître à la fois comme sécurisant et dangereux.

Le Verdict

Avec Démons, Shriley J. Owens signe son premier roman. Même si on sent tout le travail de création de l’univers et des personnages, celui-ci n’est pas encore parfait. En effet, on manque d’informations sur la création de la malédiction. De ce fait, le moyen évoqué pour la rompre n’offre que peu de garanties, sans compter sur les conséquences du non-respect du rite d’annulation. De ce fait, je reste assez dubitative quant à la fin de l’ouvrage. Dommage.

Malgré ce point, il reste un très bon livre de chevet. Idéal pour passer les longues soirées d’hiver en attendant que la neige ne tombe et reconstitue le décor. De quoi prolonger le frisson d’Halloween, à condition d’avoir les tripes bien accrochées.

En bref, une lecture qui donne envie de découvrir l’auteure. D’ailleurs, vous pouvez la retrouver sur son Facebook, Instagram et Twitter. Sans oublier son blog.

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

Je R chaudement 18

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