[Horreur] Les Pantins Marionnettistes ~ T2 L’île du ouï-dire par Samantha Cortenbach

pantins 2

Attention : cette chronique concerne du second et dernier tome de la série des Pantins Marionnettistes. Si vous n’avez pas encore lu le premier, je vous recommande de vous reporter sur ma chronique du premier tome afin d’éviter tout spoiler.

Bonjour à tous,

Le plus dur dans l’écriture d’une série est incontestablement d’arriver à créer des tomes de qualités similaires (sinon plus). Ce second volume sera-t-il à la hauteur du premier ? Le bémol souligné sur le premier volume est-il toujours aussi présent ? Réponse tout de suite.

Sorti l’année dernière en autoédition, L’île du ouï-dire clos la série des Pantins Marionnettistes de Samantha Cortenbach que je remercie pour sa confiance renouvelée.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes (de nombreux passages sont susceptibles de heurter la sensibilité de certaines personnes)

– Accros aux pavés littéraires

– Fans d’ambiances glauques et barrées.

L’intrigue

Braham, 1939. 
Après le drame du château des Roches, Christian s’est réfugié sur l’île de Braham. Il y retrouve une flopée d’anciens ennemis, réunis là-bas pour refonder la congrégation. En quête de vengeance, il s’entoure d’un groupe d’alliés aux multiples compétences : la communauté. Mais l’imminence de la guerre précipite le départ de leurs ennemis. Pour les retenir de force, ils établissent un plan redoutable, visant à isoler l’île du reste du monde. Par un jeu de manipulation des masses et de falsification de l’information, la communauté grandira jusqu’à s’étendre à l’île entière, pour la plonger dans une psychose collective, qui finira par gagner ses instigateurs…

Mon avis

Comme le montre le synopsis, ce second tome débute dans le passé pour rejoindre ensuite le temps de la narration. Une technique intéressante qui permet une mise en miroir des deux volumes.

Dans cet ensemble de récits enchâssés, pas toujours évident de démêler le vrai du faux, et le passé du présent.

« Il aurait été bien embêté de devoir lui narrer sa propre vie. À tous les coups, il se serait pris les pieds entre le récit authentique, les mensonges qu’il aurait choisi d’y semer, et les omissions confortables. Trop fatigant. Abel et Barnes étaient de bien meilleurs narrateurs… »

Sans surprises, l’auteure reprend les ingrédients qui font le charme du premier opus. On se délecte avec plaisir de sa plume aiguisé qui nous fait passer du rire à l’écœurement, puis à l’émerveillement en un battement de cœur. Mais aussi de la richesse de ses descriptions, véritable célébration de la langue française.

L’humour n’est pas en reste, puisque l’on retrouve cet esprit très second degré. Tantôt ironique, tantôt cynique pour un rendu plus que jubilatoire.

Au passage, notons une nette amélioration dans l’élimination des coquilles.

D’ailleurs dans la note en fin de livre, l’auteur tient à revenir sur ces petits détails qui pourraient altérer le plaisir de lire :

« Je laisse cette histoire partiellement inachevée. Le temps et la volonté m’ont manqué pour la pousser à son plein potentiel. Elle est encore truffée de défauts, d’incohérences, de passages nébuleux, de traits d’immaturité, de lourdeurs, de l’inégalité du style de mes 15 à 22 ans… Je regrette de n’avoir pu lui rendre justice. »

Personnellement, je n’ai pas relevé d’incohérences (et vous ?). En revanche, certains raccourcis, notamment dans la seconde moitié du livre nécessiteraient l’ajout de scènes supplémentaires, histoire de gommer l’effet « sorti du chapeau ».

Côté thèmes, il y a un peu de changement. Certes, on retrouve Eros, Thanatos et la mascarade. Mais de nouveaux viennent s’y greffer pour mieux le compléter.

Ainsi, la passion se retrouve l’allié du couple Amour-Mort. Elle englobe également l’art. Hissée au rang de génie et poussée à l’extrême, elle devient l’écho du vice et de la perversion.

La mascarade, elle, rejoint les deux nouveaux thèmes principaux du volume : la Justice contre la Morale. S’ils se complètent d’habitude, ici tout les oppose. Mu par un insatiable esprit de vengeance, Christian Hann, cherche à tout prix à infliger un supplice équivalent au préjudice et à la perversion des coupables. Mais jusqu’où sommes nous prêt à aller pour rendre justice ? Et peut-on le faire sans se perdre soi-même et devenir une misérable copie de ceux que l’on cherche à anéantir ? Un paradoxe inévitable qui constitue le moteur du roman.

Le Verdict

Dans ce second tome, Samantha Cortenbach lève le voile sur les événements qui ont conduit à la scission de l’île de Braham, à l’avènement de James Herus (puis du Masque de Minuit) et à sa poursuite par Trus et ses hommes.

On prend plaisir à retrouver, au compte-goutte, les personnages du premier volume. Le tout, dans une ambiance tantôt glauque, décalée ou barré. Bref, purement jubilatoire.

Si vous avez aimé le premier tome, vous ne pourrez qu’adorer le second. Moins tourné vers la bit-lit, il n’en demeure pas moins un excellent roman d’horreur sanguinolent à souhait.

Le château des brasseurs d’air, vous a laissé sur votre faim ? Vous êtes avide de combler les zones d’ombre du passé d’Abel Mensev ? N’attendez plus et dévorez L’île du ouï-dire. Vous ne le regretterez pas.

PS : au fait, vous ne trouvez pas que cette série a un petit côté Sweet Dreams ?

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

coup de coeur 18+

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