La parole à… Samatha Corthenbach

Samantha nounoursBonjour Samantha. Comme tu le sais, après ma lecture du premier tome des Pantins Marionnettistes, j’ai été prise d’une irrépressible envie de te laisser la parole. Hélas, le temps me manquait.

La sortie de la chronique du second volume est donc l’occasion idéale pour réparer cette « erreur ».

Merci beaucoup d’avoir accepté ma demande d’interview.

J’espère que tu n’as rien contre le tutoiement, car c’est un usage ici.

Avant de te harceler de questions, je vais présenter L’île du ouï-dire aux lecteurs.

Braham, 1939. 
Après le drame du château des Roches, Christian s’est réfugié sur l’île de Braham. Il y retrouve une flopée d’anciens ennemis, réunis là-bas pour refonder la congrégation. En quête de vengeance, il s’entoure d’un groupe d’alliés aux multiples compétences : la communauté. Mais l’imminence de la guerre précipite le départ de leurs ennemis. Pour les retenir de force, ils établissent un plan redoutable, visant à isoler l’île du reste du monde. Par un jeu de manipulation des masses et de falsification de l’information, la communauté grandira jusqu’à s’étendre à l’île entière, pour la plonger dans une psychose collective, qui finira par gagner ses instigateurs…

Sorti le 15 août 2017 en auto-édition.

On démarre avec la question la plus redoutée, mais néanmoins essentielle : pourrais-tu te présenter ?

Non. Pas besoin. J’ai une phrase toute faite pour esquiver cette question, que je ressors à chaque fois que je me retrouve nez à nez avec le gros bloc blanc d’une section « Description » à remplir. C’est la métaphore du Poisson Moche : « Ma personnalité ne saurait mieux s’illustrer que par l’image d’une murène, d’un blobfish, d’un grenadier, ou je ne sais quel affreux machin à lanterne du bestiaire de la fosse des Mariannes, qui s’aventurerait à la surface pour nager à contre-courant. »

Si ça c’est pas original…

Les Pantins Marionnettistes sont à la fois ton premier roman et ta première série. Raconte-nous un peu les coulisses de leurs créations.

J’ai toujours été névrosée, et comme tous les névrosés, j’avais des ennemis imaginaires (non, pas des amis, je n’ai pas d’amis). Ils me couraient sérieusement sur le haricot. Je trouvais qu’il n’y avait pas de raison pour que je sois la seule qu’ils enquiquinent du matin au soir, alors j’ai écrit cette série pour que n’importe qui puisse profiter de leur caractère de merde. J’ai commencé le premier volume à 15 ans, entièrement réécrit à 17 ans, et terminé la série à 21 ans. Ce n’est que 4-5 ans plus tard que je me suis décidée à en faire quelque chose, et je me suis tournée vers l’autoédition parce qu’aucun éditeur ne voulait du machin. Eh quoi ? L’autoédition, c’est comme le célibat, si tu prétends l’avoir choisi, c’est que tu cherches un peu à prendre les gens pour des cons.

La série compte 904 pages (dont 442 pour le tome 1 contre 462 pour le second). Ça n’a pas dû être facile tous les jours, surtout pour un premier projet. Comment as-tu tenu le coup ?

Je suis une personne obsessionnelle. Quand je commence un truc, tant qu’il n’est pas terminé, il me hante jour et nuit. D’ailleurs, la plupart du temps, je ne commence rien. Comme ça, je suis tranquille.

Pour ce qui est de la longueur, j’ai commencé à écrire en Times New Roman 12 sans interligne, autrement dit en méga tout petit riquiqui. J’ai mis des années à atteindre 400 pages. Je pensais juste que j’écrivais très lentement et que les vrais auteurs m’étaient éminemment supérieurs en termes de productivité. À la fin de la série, j’ai mis en page selon les exigences éditoriales. C’est passé à 1300 pages. J’ai réalisé que j’avais déconné.

De nos jours, en littérature française, l’horreur fait partie des genres sous-représentés. Pourquoi t’être tourné vers lui alors que le thriller t’aurait peut-être « facilité la tâche » ?

Je n’ai pas pensé au genre du livre. J’ai écrit l’histoire comme elle m’est venue. C’est pour ça qu’elle part un peu dans tous les sens. Je la classe parfois en horreur, parfois en thriller, parfois en roman noir, parfois en dystopie… C’est vraiment parce qu’il faut la classer.

Je l’avais déjà souligné dans ma chronique du premier tome : tu as un style un peu particulier. Riche, mais sans devenir alambiqué ou ampoulé. On croirait assister à la renaissance des auteurs classiques. Quels sont tes talents cachés pour l’aiguiser à ce point ?

Ah, si, il est alambiqué, ampoulé et casse-bonbons. Quand les ados de mon âge découvraient les joies de Youporn, moi, je me touchais sur du marquis de Sade. J’aimais énormément les philosophes du XVIIIè, que j’aimais singer comme une petite fille qui titube dans les escarpins de sa maman. Avec du recul, même si le style est totalement justifié par le contexte de l’histoire, j’y serais quand même allée un peu moins fort, surtout dans le deuxième volume.

As-tu de nouveaux projets pour la suite ? Si oui, peux-tu nous en parler ou est-ce encore « top secret » ?

J’ai écrit récemment un scénario pour un projet de film. Ça a confirmé le ressenti que j’avais depuis 6 ans, à savoir que la passion de l’écriture était terminée pour moi. Je n’ai jamais eu envie d’être écrivain. J’avais envie d’écrire Les Pantins. Ce n’était pas à propos de l’écriture, mais à propos de l’histoire. Et une fois qu’elle était racontée, la page était tournée.

Au cours de mes recherches, j’ai pu me rendre compte de tes capacités linguistiques. Es-tu tentée par une traduction vers l’anglais (ou l’allemand) ?

J’ai passé 2 ans en Allemagne sans savoir me commander un sandwich dans cette langue. Je m’en tiens à l’Anglais, et bien que j’aie écrit mon scénario dans cette langue et que je m’efforce de progresser, je n’ai absolument pas le niveau pour traduire vers l’anglais un texte de cette complexité.

La plupart du temps, les jeunes auteurs passent par l’édition traditionnelle. Qu’est-ce qui a motivé ton choix pour l’auto-édition ?

Ah, zut, j’ai anticipé ta question plus haut. Comme je n’ai plus rien à dire ici, je vais donc dessiner un zizi :

c===3

Une petite dernière pour la route. Quel message ou conseil voudrais-tu transmettre à tous ceux qui rêvent d’être édités ou d’éditer leurs ouvrages ?

Tournez-vous plutôt vers le tennis ou le curling.

Merci beaucoup Samantha pour cette interview à l’image de la série : décalée.

Merci à toi ! 😉

Rendez-vous 22 septembre 2018 pour la 2ème chronique des Pantins Marionnettistes.

En attendant, n’hésitez pas à lui rendre visite sur son site et Facebook.

À bientôt !

3 réflexions sur “La parole à… Samatha Corthenbach

  1. Une très belle interview, merci pour cette mise en lumière de l’auteure 😉 Je prends toujours plaisir à lire des interviews un peu décalées, originales sans qu’elles partent dans tous les sens, alors merci ! Je pense me pencher, durant les prochaines heures, sur la chronique du premier tome des pantins, je passerai donc lire ta chronique à ce sujet plus tard 🙂

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