[Trucs & Astuces] Écrire un livre par Gérard Raynal

Ecrire 1 livre

Bonjour à tous,

Nous ne sommes pas tous égaux face à l’écriture. Et celle-ci regorge de pièges, parfois durs à éviter, qui sont autant d’entraves à la concrétisation de votre projet. Pour parvenir à les éliminer, deux grandes solutions coexistent : l’expérimentation et l’apprentissage.

Écrire un livre de Gérard Raynal fait partie de la seconde. Publié en 2015 chez TDO, cet essai aux multiples rééditions, met le doigt sur des erreurs très répandues pour vous permettre de les corriger. Et qui sait, passer l’étape du comité de lecture.

Au passage, je remercie TDO pour ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Tout public

– Niveau : débutant à grand débutant.

Le concept

« L’écriture est la plus noble conquête de l’homme », disait Elsa Triolet. Pour ce nouveau texte, Gérard Raynal a provisoirement quitté les chemins du roman. Plongé depuis plus de 15 ans dans le monde de l’écrit, et désormais directeur de collection, il communique au lecteur son expérience en la matière. Ce document expose en toute simplicité les façons d’éviter les principaux pièges de l’écriture. Une aide efficace pour tous ceux qui désirent se lancer dans l’extraordinaire aventure de la chose écrite. Ils y découvriront bon nombre de trucs inédits. Indispensable !

Mon avis

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je propose de faire une mise au point sur la véritable nature de ce livre. Présenté comme un essai a tout (ou presque) du guide pratique. Si vous ne savez pas faire le distinguo entre les deux, voici qui devrait vous aider.

Essai : ouvrage dont le sujet, sans viser à l’exhaustivité, est traité par approches successives, et généralement selon des méthodes ou des points de vue mis à l’épreuve à cette occasion. (CNRLT)

Guide : ouvrage à caractère didactique. Manuel qui guide le profane dans la réalisation d’un travail donné. (CNRLT)

L’essai permet de développer une thèse sur un ou plusieurs thèmes précis, en contredisant, se démarquant ou non d’une autre thèse. L’auteur doit apporter les preuves de ce qu’il démontre et utiliser la rhétorique à son avantage pour acquérir son lectorat.

De son côté, avec son caractère pédagogique, le guide pratique a pour but de vous aider à surmonter vos difficultés. Pour le lecteur, plus que la méthode, c’est la finalité qui compte et il aura souvent le choix entre plusieurs d’entre elles.

S’il est beaucoup trop léger (134 pages) pour être exhaustif, ce guide brosse néanmoins toutes les étapes importantes de l’écriture depuis la naissance de l’idée jusqu’à l’envoi du manuscrit aux maisons d’édition. Si vous êtes néophyte, c’est un bon moyen de découvrir ce qui vous attend si vous voulez vous lancer dans l’aventure, sans vous décourager pour autant.

Comme le suggère le résumé, ce livre est le fruit de 15 ans d’expérience, ce qui apporte une légitimité indéniable à l’auteur. Et c’est tout en humilité et simplicité que celui-ci nous livre ses petits secrets, mais aussi des anecdotes personnelles pour vous éviter de commettre les mêmes impairs. Au vu des premières lignes, je pense que c’est aussi une belle manière de faire un meaculpa. Voyez plutôt :

Un jour, il m’est arrivé de tenir entre les mains le roman édité d’un garçon de ma connaissance, frère d’un ancien compagnon de route. Il s’était acquitté avec succès de l’exercice compliqué de l’écriture. J’ai lu son ouvrage, il était bon, l’histoire était passionnante, le style intéressant. Mais au fond, je dois l’avouer, j’avais du mal à supporter l’enthousiasme de mon entourage.

Il fallait que je fasse aussi bien. Jalousie quand tu nous tiens !

Je dois expliquer ici que le désir d’écrire me taraudait depuis longtemps. Je parcourais avec intérêt et appétence les publicités promettant gloire, richesse et édition aux apprentis de la plume. J’imaginais que le livre en gestation dans mon cerveau envieux allait révolutionner le monde littéraire…

J’imaginais… J’imaginais… Je ne savais pas encore que j’allais me heurter à de nombreuses difficultés… Cette lecture fut donc le déclic de ma vie d’auteur. Envie de faire mieux ? Orgueil ? Sans doute tout cela. J’avais trouvé ma rampe de lancement, et c’était bien cela le principal, même si je m’étais appuyé sur des sentiments dont je ne suis pas très fier aujourd’hui…

Malgré toutes ses qualités, ce guide a un énorme défaut : son organisation. Et cela se voit dès le sommaire. Entre les titres flous, on repère pourtant un fil conducteur (celui du processus de l’écriture), mais qui est malmené par le corps du livre. Style, narration, dialogues, l’auteur ne cesse d’aller et venir à l’intérieur de ce triptyque et s’encombre au passage d’inconfortables « j’y reviendrai plus loin » ou « on en a déjà parlé ». Je ne sais si c’est à cause de mon perfectionnisme, mais avec tout cela, on ne sait plus trop où on est ni où on va.

Malheureusement, ce n’est pas le seul.

Après l’organisation, la définition du gallicisme m’a littéralement sauté aux yeux. En bonne linguiste, ce procédé n’a plus de secrets pour moi. Il désigne un emprunt (du mot jusqu’à la construction de phrase) du français vers une autre langue. Cela peut être intéressant si vous décidez de traduire vos écrits. Mais pour cela, encore faut-il avoir déjà écrit… et être au moins bilingue dans la langue d’arrivée…

Ainsi, vous comprendrez sans peine ma surprise de trouver cette technique propre à la linguistique dans les « mises en lumière » et affublé de cet explicatif :

« Le gallicisme : On appuie en soulignant d’entrée, et en maintenant l’esprit du lecteur éveillé : « C’est en ouvrant la porte qu’elle vit le cadavre ». Ou bien : « C’est au printemps que Madeleine était le plus en beauté », dans cette phrase-là, on va mettre l’accent sur la période. Cela veut sans doute dire qu’aux autres saisons, Madeleine n’est pas particulièrement à son avantage. ».

Sans cette grossière erreur et quelques approximations, j’aurai sans doute plus adhéré au livre. Dommage.

À force d’être personnels, les avis de l’auteur m’ont paru un peu biaisés. Pourtant, on ressent le professionnalisme de l’éditeur qu’il est devenu et à ce titre, il me semble tout aussi important, sinon plus, de voir ce qui est rédhibitoire, pour un éditeur. D’ailleurs, est-il vraiment utile d’aborder l’autoédition si c’est pour bâcler en à peine deux paragraphes d’une façon aussi confuse ? Alors oui, c’est logique qu’un éditeur prêche pour sa paroisse, mais un peu de neutralité ne fait jamais de mal.

Puisque nous n’en somme plus très loin, parlons de la fin. Abrupte, elle laisse un goût d’inachevé. Et pourtant, il y aurait encore beaucoup à dire…

Ecrire

Le Verdict

Rassurez-vous il n’y a pas tout à jeter ! Non. En fait, ce petit guide est plutôt pas mal pour démarrer. Avec lui on sait dans quoi on s’embarque, il tord le cou à de nombreuses idées reçues et recale les choses vis-à-vis de l’édition indépendante. Personnellement, j’ai appris de nouvelles figures de styles (dont les profs de français nous cachaient l’existence).

Bref, une bonne base pour bien démarrer, même si elle n’est pas parfaite.

Je le recommande donc pour ceux qui se lancent dans l’écriture et qui connaissent peu le monde de l’édition.

Si votre projet se porte vers le roman historique ou terroir, il vous donnera des pistes supplémentaires non négligeables.

En revanche, ceux qui ont dépassé le cap du premier roman édité apprendront probablement trop peu pour que l’investissement en vaille le coup.

Maintenant que vous savez tout, le choix vous appartient.

Suivez le lien pour vous procurer ce livre.

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