[Fantastique] L’étang de la peur par Patrice Oudot

étang de la peur

Bonjour à tous,

Le soleil revient et avec lui, la tentation de prendre l’air. Si vous aimez la pêche (ou autres activités de plein air), que diriez-vous d’un week-end dans le fin fond du Loiret dans une vieille cabane avec la nature pour seule compagne.

Ça vous branche ? Remarquez, malgré sa rusticité, le cadre est sympa. Et si le titre vous fait penser à un film des années 90, c’est normal… il se pourraient que nous ne rentrions pas tous… vivants.

Âmes sensibles, ne partez pas en courant. En dépit des apparences (et de cette accroche) L’étang de la peur est bien un roman fantastique. Signé Patrice Oudot, il est autoédité par Librinova depuis octobre 2017. Un grand merci à l’auteur pour cette découverte.

Pour quels lecteurs ?

– Ados-Adultes

– Amateurs de fantastique

– Fan des films d’horreur des années 80-90

DE LA PEUR A LA TERREUR, IL N’Y A QU’UN PAS, CELUI DE L’ANGOISSE.
Octobre 1976.
Jérôme s’apprête à passer un nouveau week-end de liberté à « l’Étang » accompagné des siens (son frère, sa belle-sœur, ses amis).
Soudain, au détour d’un dernier virage, la foudre frappe devant leurs yeux ébahis, ouvrant une béance sur l’inconnu.
Les jeunes gens refrénant une appréhension légitime s’enfoncent alors dans la forêt qui ne tardera pas à se refermer inexorablement sur eux.
Reclus d’une nature hostile, ils doivent faire face à des phénomènes étranges, spectaculaires, allant crescendo jusqu’à tutoyer l’irrationnel.
Dans ce huis clos oppressant, chaque bruit est source de frayeur, chaque silence source d’angoisse, chaque comportement suspect…
Un mécanisme spatio-temporel s’est enclenché dans les abysses de l’Étang, les projetant à la croisée des mondes, là où aucun être humain ne peut se dédouaner du passé.
Il faudra patienter une vingtaine d’années pour comprendre la genèse de ce week-end d’octobre 1976…

Bien que l’intrigue se déroule fin 70, elle reprend les codes des films d’horreur des années 80 et 90. Un endroit perdu qui invite au repos, mais qui se transforme en un véritable enfer, des disparitions successives, des événements étranges…

Autant d’éléments qui vous happent littéralement. Je me suis prise à anticiper les mésaventures du groupe (et me suis souvent trompée sur la suite des événements).

Par contre, ne cherchez pas l’humour caractéristique de cette période, seul le narrateur en a à revendre. Omniscient et un brin personnifié, il surgit çà et là avec ses petits commentaires entre parenthèses. Pourquoi pas, seulement elles contribuent à alourdir le style.

Niveau style, justement, la fluidité de certains passages se trouvent par moment écorchés par des figures de style répétitives ou encore un rythme inadapté à l’action. Résultat, une narration irrégulière, tantôt addictive, tantôt un peu lourde. Pour les dialogues, l’oubli de tiret et l’abondance de discours rapporté gâchent le plaisir de lire et sabrent un peu le suspense.

Les personnages ne sont pas en reste puisqu’ils n’arrivent pas tous à être de « vrais individus ». Certes, ils sont travaillés, affublés de caractéristiques particulières, mais leurs propos restent souvent trop soutenus. Ce qui leur donne un petit côté BCBG qui ne cadre pas du tout avec leur image banlieusarde et encore moins avec leur sens du système D. Résultat, on arrive toujours à les confondre, malgré leur nombre peu élevé.

Malgré ces moins bons points, on notera la structure enchâssée à 2 ou 3 niveaux. Si elle gagnerait à être davantage poussée, elle génère (avec les péripéties successives) une bonne part du suspens.

Les événements intervenus ce samedi de novembre 1997 m’avaient réellement troublé. Les écrits que recelait le paquet m’avaient décontenancé. […]

J’avais presque fini par en occulter l’existence, quand ce matin, à la suite d’un phénomène déconcertant, j’ai exhumé la boîte de son logis et, fiévreusement, ai tout relu.

J’ai alors compris la signification du mot destin…

Le Verdict

 

En résumé, un roman bourré de nombreuses très bonnes idées, mais pas toujours exécutées de la meilleure façon. De plus, l’auteur arrive à maintenir un niveau de suspens malgré la décroissance des péripéties. Pour moi, il ne lui manque qu’une bonne réécriture pour nous époustoufler avec son plein potentiel.

Encore une fois, pas évident de trancher. En théorie, ses défauts lui vaudraient le moins bon badge, mais compte tenu du respect du genre (ce qui est parfois difficile pour du fantastique) et de sa capacité à happer le lecteur, j’ai décidé d’encourager l’auteur à s’améliorer.

je recommande

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