[Recueil fantastique] Ophelia par Ophélie Curado

Ophelia

Bonjour à tous,

Vous le savez, j’aime vous surprendre avec des ouvrages innovants. Du coup, lorsque mes yeux ont croisé de résumé d’Ophelia, je n’ai pu résister. Et pour cause, Ophélie Curado nous donne à découvrir un recueil de deux récits.

Paru en novembre 2017, Ophelia est le second roman de cette jeune auteure autoéditée issue de la communauté de Wattpad.

Je tiens à la remercier pour ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes

Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public.

– Amateurs de surnaturel

– Inconditionnels des ambiances sombres.

Ophelia est une communauté non-constituée en société, dans le comté de Northumberland, dans l’État de Virginie.

Jack Anderson, quarantenaire bedonnant et commercial itinérant spécialisé dans les brosses à dents, découvre Ophelia par hasard, à la recherche d’un motel pour passer la nuit. De son côté, Joyce Sullivan, jeune journaliste sur le point de prendre son job y mène sa petite enquête, persuadée de tenir le scoop qui sauvera sa carrière.

Tout deux apprendront à leur dépens que ce qu’Ophelia prends, jamais elle ne le rend. Dans cette ville spectrale, les apparences sont trompeuses et ceux qui en savent trop ne sont plus là pour en parler. Si rien n’y fonctionne comme il faut, c’est ce qu’on essaye de nous faire passer pour normal, qui est le plus effrayant…

Directement inspirée de l’héroïne Shakespearienne de Hamlet, la ville d’Ophelia incarne un nouveau départ idéalisé. Celui dont rêve beaucoup de gens.

Comme le suggère le résumé, les deux récits du recueil se succèdent à la manière d’un parallèle et jouent sur l’effet de répétition variation. En effet, malgré les différences scénaristiques, le point d’ancrage reste une romance autour de laquelle gravitent Ophelia et son bras droit armé : le shérif de la petite bourgade.

Et oui, avec Ophelia, tels des colons, nous quittons le vieux continent pour rejoindre le pays de l’Oncle Sam et il faut dire que la narration, à ce niveau est très réaliste. On y retrouve tous les thèmes typiques de la littérature américaine (la famille, la petite ville de province en apparence tranquille, un passé proche de celui des Pères Fondateurs, sans oublier le rêve américain et son lot de désenchantés).

Malheureusement pour ce livre, ici s’achèvent ses qualités. Dommage, car il repose sur des bases solides.

Le premier point négatif, visible au bout de quelques pages, c’est son style. Pas assez cisellé, il devient maladroit, notamment à cause de ces points :

Si la narration se déroule au passé, il n’est pas rare de se retrouver avec des morceaux de phrases au présent. D’ailleurs, la conjugaison souffre de trop nombreuses récurrences du gérondif, source de lourdeurs. En parallèle, sur le plan du vocabulaire, deux phénomènes contraires m’ont interloqué : on trouve des phrases constellées de verbes pauvres illuminées par les tentatives de l’auteure pour éviter les répétions. Sauf qu’elle finit par créer des déséquilibres entre un ton globalement moderne, simple (certes un peu pauvre) et des mots trop raffinés, inadaptés. De plus, certaines phrases sont inutilement longues, ce qui contribue à créer un rythme lent.

Quant au narrateur, il se montre un peu trop omniscient et livre des informations clé au lecteur avant que le personnage n’en prenne conscience. Ceci nuit fortement au suspense et gâche le plaisir de lire.

Au niveau de sa structure, ce livre ne peut être le recueil annoncé pour deux raisons : les deux récits se suivent de façon chronologique et contribuent à former un ensemble cohérent. Pour moi, il s’agit davantage d’un roman configuré maladroitement.

Pour le dernier point noir, je vais laisser Neil (un protagoniste du second récit) vous expliquer de quoi il retourne :

Les gens d’ici oublient leurs souvenirs et ils s’en construisent de nouveaux avec le temps et leur nouvelle vie. Et bien entendu, ils disparaissent de la mémoire de leurs proches, de ceux qu’ils ont connu au cours de leur existence. Dans un sens et dans l’autre. Ils n’existent plus pour eux non plus, disparus, envolés ! De cette manière-là, personne ne peut les réclamer ni partir à leur recherche. Ils appartiennent à Ophelia pour toujours […] Ne me demande pas comment une chose pareille est possible, quelle sorte de magie il y a derrière tout ça, je n’en ai pas la moindre idée ! Mais c’est un fait.

Vous l’avez vu, ce petit… paradoxe ? Et oui, l’univers d’Ophelia repose sur une incohérence un peu trop grosse pour y croire. Le problème est que ce petit paradoxe en entraîne d’autres qui, mis bout à bout, ressemblent à une pelote de laine emmêlée. La narration s’enraille, devient incohérente, et décrédibilise la menace.

Le Verdict

En conséquence, ce recueil repose sur une bonne base, qu’il faudrait renforcer, et contient beaucoup de bonnes idées. Malheureusement, l’ensemble est traité maladroitement.

La structure même est inadaptée au contenu. Du coup, lors de la seconde partie, j’ai eu le sentiment de tourner en rond avec des éléments déjà connus et des événements prévisibles avant d’avancer.

De plus, le style déséquilibré en rajoute une couche.

Je ne saurais dire s’il s’agit d’une sortie trop hâtive, sans recul suffisant pour gommer au maximum ces points négatifs. Ou le fruit d’un amateurisme criant. En tout cas, comme à chaque fois que je décerne le pire badge, je ne le fait pas de gaîté de cœur. D’autant qu’avec toutes ces qualités, l’auteure disposait des bons ingrédients pour créer un thriller fantastique aux frontières de l’horreur.

Dommage.

déception

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s