La parole à… Ophélie Curado

Ophélie Curado

Bonjour Ophélie, je te remercie d’avoir accepté ma demande d’interview. J’espère que tu n’as rien contre le tutoiement, car c’est un usage ici.

Avant de te harceler de questions, je vais présenter Ophelia aux lecteurs.

Ophelia est une communauté non-constituée en société, dans le comté de Northumberland, dans l’État de Virginie.

Jack Anderson, quarantenaire bedonnant et commercial itinérant spécialisé dans les brosses à dent, découvre Ophelia par hasard, à la recherche d’un motel pour passer la nuit. De son côté, Joyce Sullivan, jeune journaliste sur le point de prendre son job y mène sa petite enquête, persuadée de tenir le scoop qui sauvera sa carrière.

Tout deux apprendront à leur dépens que ce qu’Ophelia prends, jamais elle ne le rend. Dans cette ville spectrale, les apparences sont trompeuses et ceux qui en savent trop ne sont plus là pour en parler. Si rien n’y fonctionne comme il faut c’est ce qu’on essaye de nous faire passer pour normal, qui est le plus effrayant…

Sorti le 20 novembre 2017 en auto-édition.

La curiosité est un vilain défaut, mais comme nous avons tous envie de te connaître, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Ophélie Curado, j’ai 25 ans et je suis diplômée d’un Master 2 Pro Métiers du Livre. Je travaille actuellement au service occasion de la librairie Gibert/Joseph de Dijon. J’écris depuis l’âge de 8 ans, oscillant entre le surnaturel et les romans historiques. L’écriture est à la fois une passion, une vocation et une échappatoire pour moi. Je rêve d’en faire mon métier et de devenir écrivain.

Ophelia est une référence au tragique personnage féminin d’Hamlet. Comment t’es venu l’inspiration pour cet ouvrage ? Et pourquoi ces deux destins croisés ?

Contrairement aux apparences, mon inspiration pour ce prénom ne vient pas du personnage de Shakespeare. C’est l’une de mes inspirations, mais elle n’arrive qu’en dernière partie. En premier lieu, c’est une référence à mon prénom, que j’ai toujours eu du mal à accepter. Ensuite, le nom de cette ville (puisque c’est bien une ville réelle dans l’État de Virginie) m’est apparu pour la première fois dans une nouvelle de l’un de mes auteurs et mentors préférés, Stephen King. Il s’agit de « Un tour sur le Bolid’ » que l’on retrouve dans le recueil Tout est fatal.

(Résumé : Et si vous deviez choisir entre votre vie et celle de votre mère ? Est-il seulement possible d’envisager une telle réponse ? Face à la mort, chacun se révèle…

Nouvelle diabolique, brève mais efficace, « Un tour sur le Bolid’ » laisse peu de répit au lecteur. L’atmosphère dramatique est posée dès le départ quand Alan Parker apprend que sa mère, dont la santé est déjà fragile, a fait une attaque.

Persuadé qu’il n’arrivera jamais à temps pour la revoir une dernière fois, il se laisse emmener en stop par des personnages très étranges. On ne sait jamais quelle est la part entre rêve et réalité, raison et folie.) « Un tour sur le Bolid’ » a été nommé au prix Bram Stoker de la meilleure nouvelle longue 2001.

Merci pour cette découverte en prime. Je suis sûre cela donnera envie aux lecteurs de la lire, si ce n’est pas déjà fait.

Le personnage roule et traverse Ophelia, ce qui m’a tout de suite interpellé. Mon prénom était donc aussi une ville citée dans une des nouvelles de mon écrivain préféré ! C’est ensuite, en faisant des recherches, que j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une communauté non-constituée en société. Et de là, je me suis dit que cette ville avait d’emblée quelque chose de singulier. De quoi en faire une nouvelle pleine de mystères…

En parallèle d’Ophelia, tu as publié le premier tome de La Mort devant Soi. Peux-tu nous en dire plus sur cette série ?

Ce roman (qui est devenu une série de deux tomes en raison de chapitres supplémentaires que mes lecteurs sur Wattpad ont voulu que j’exploite davantage) est le fruit de trois ans de travail. Il s’agit d’un road trip philosophique mettant en scène le personnage de Mélina ; une jeune femme tranquille qui n’attend rien de la vie. J’ai volontairement choisi un personnage au caractère que les lecteurs ne peuvent pas comprendre, car elle représente ces gens qui se laissent vivre et n’ont aucun rêve. Un jour, deux hommes viennent lui annoncer qu’il ne lui reste plus qu’une semaine à vivre et qu’il lui faudra payer une somme de plus en plus conséquente pour connaître les raisons exactes de sa mort. Le compte à rebours est donc lancé et l’aventure de sa vie peut commencer. Elle vivra alors en une semaine ce que l’on vit dans toute une vie : amitié, amour, trahison, bonheur…

Le but de ce roman était de mettre au pied du mur un personnage, de le secouer et de voir son comportement, confronté à des gens qui ne voient pas du tout la vie comme elle, mais aussi à des événements qui l’a dépasse. Un électrochoc doit aussi se produire chez le lecteur qui doit y voir une soif de vivre et de savourer l’existence. Ce roman regroupe plusieurs genres que j’aime beaucoup : surnaturel, mystère, suspens, aventure, érotique et philosophie. Mais aussi le côté vintage des romans américains. C’est l’un de mes plus gros projets à ce jour, et qui traite bien entendu de la mort. J’en parle souvent dans mes romans (dans Ophelia aussi, très explicitement), comme pour mieux l’appréhender, puisque c’est évidemment quelque chose qui me fait peur…

La plupart du temps, les jeunes auteurs passent par l’édition traditionnelle. Qu’est-ce qui a motivé ton choix pour l’auto-édition ?

Contrairement aux apparences, l’auto-édition n’est pas toujours un choix. Les envois aux grandes maisons d’édition, j’y ai renoncé. Seul 1 % des auteurs sont publiés, sur tous les manuscrits envoyés. L’envoi papier est aussi un coût et le plus souvent, le manuscrit n’est pas lu et/ou détruit. L’envoi par numérique est plus pratique et mon roman a été envoyé à une cinquantaine de maisons d’édition ; plus ou moins connues. Aucun résultat.

C’est en voyant le succès d’auteurs auto-édités (notamment sur Amazon) que j’ai décidé de me lancer. C’est simple d’utilisation et c’est un bon moyen de se faire connaître. Avec Ophelia, je me suis aussi lancée sur la FNAC pour étoffer mon lectorat. L’auto-édition est une chance incroyable pour les auteurs, mais encore faut-il avoir une bonne communication et un certain professionnalisme. Je ne dis pas que c’est l’avenir, mais les maisons d’édition (droits d’auteur, contraintes…) devraient prendre au sérieux ce phénomène. Bien entendu, je ne désespère pas d’être éditée par un éditeur, car être en librairies physiques reste un rêve, mais sans réponse positive pour le moment, c’est encore un rêve…

Malheureusement, comme on dit trivialement, « c’est le jeu » et personne n’est égaux face à l’écriture. La persévérance fait aussi partie du processus, même si ce n’est pas toujours facile.

Parmi tes diplômes figure le Master 2 Métiers du livre. Penses-tu, un jour, fonder ta propre maison d’édition, comme le fond certains auto-éditeurs ?

Pas du tout. Je voulais travailler dans une maison d’édition dès mon plus jeune âge, mais tout se situe à Paris et je ne peux ni ne veux vivre là-bas. Je me suis plutôt rabattue sur les métiers de libraire et de bibliothécaire qui offrent un peu plus d’opportunités, même si l’accès aux métiers du livre en général est très limités. J’ai choisi cette filière par passion et je ne le regrette pas, car je ne pense pas que je saurais faire autre chose, mais ce n’est pas évident. Mon rêve serait plutôt, soit de trouver un travail stable (dans l’idéal, dans les métiers du livre), soit de devenir écrivain.

Voilà une belle ambition et je te souhaite d’y arriver.

Une petite dernière pour la route. Quel message ou conseil voudrais-tu transmettre à tous ceux qui rêvent d’être édités ou d’éditer leurs ouvrages ?

De ne pas abandonner ? Je leur conseille d’être patients, car nous n’avons pas ni le même style, ni les mêmes idées, ni la même maturité quand on commence à écrire à 16 ans et quand on relie nos écrits 10 ans plus tard. Il m’a fallu des années pour arriver à ce résultat. Je leur conseille donc de beaucoup lire, jusqu’à trouver des auteurs qui deviendront des modèles. Jusqu’au moment où ils tiendront quelque chose de bon. Je leur conseille de commencer par publier leurs écrits sur Wattpad, un excellent tremplin (on connaît le cas d’ « After » de Anna Todd). Ensuite, d’envoyer à des maisons d’édition qui peuvent correspondre à leur style et bien sûr, d’éviter les arnaqueurs. Oublier les très grosses structures, plutôt traditionnelles, n’est pas une honte, mais un gain de temps. De nos jours, il existe de très belles maisons d’édition plus petites et qui peuvent tout aussi bien projeter un auteur. Il faut aussi être présent sur les réseaux sociaux et tisser des liens pour se faire connaître. Enfin, l’auto-édition arrive presque à la fin, quand toutes les cartes sont épuisées. Mais c’est aussi un choix d’avoir la main mise sur son travail (couverture, texte, résumé, mise en page, prix, etc).

Quoi qu’il en soit, écrire doit toujours rester une passion, si ça ne peut devenir un métier. Et que même si personne dans notre entourage ne comprend l’intérêt que nous portons à l’écriture, il ne faut pas écouter les mauvaises langues. Savoir écrire est un talent et il faut le préserver. Et puis, un écrivain est avant tout un lecteur, et ça, de nos jours, ça n’a pas de prix !

Merci beaucoup Ophélie. Je te souhaite plein de bonnes choses dans tes projets et surtout pour ta série.

Quant à moi, je vous donne rendez-vous le 20 janvier 2018 pour découvrir Ophelia.

À bientôt !

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