[Romance initiatique] Freaks par Christophe Kayser

Freaks

Bonjour à tous,

J’ai déjà réalisé plusieurs chroniques ayant trait à l’art (souvent à la musique), alors cette fois-ci, j’ai décidé de changer pour une expérience inédite. Découvrons ensemble Freaks, le primo roman écrit, illustré et publié en 2016 par Christophe Kayser.

Pour celles et ceux qui auraient pris la semaine spéciale en cours de route, n’oubliez pas de lire l’interview exclusive de l’auteur. Je tiens à le remercier de m’avoir proposé ce SP.

Pour quels lecteurs ?

– Adultes

– Amateurs de romances

– Amoureux des arts

Anna est une artiste-peintre, dont le talent la prédispose à une prestigieuse carrière. Sa vie est entièrement vouée à l’art graphique, au grand désarroi de son compagnon. Ce dernier, étouffé durant trop d’années par une relation à sens unique, décide de se réorienter vers sa passion première. Cette trahison fera basculer la jeune femme dans une dimension dont elle ne soupçonnait pas l’existence… Nous ne sommes jamais complètement seuls dans notre tête, d’ailleurs, ce qui s’y trouve recèle de choses effrayantes qu’on ne comprend pas… Mais quelle sorte d’univers s’efforce d’intimider et de mettre en danger la vie d’une artiste à l’esprit déjà si fantasque ?

Au point de la perdre dans les méandres de son esprit confus et dépassé par les événements…

Lors de ma lecture, le rapport fusionnel qu’Anna et Daryl entretiennent vis-à-vis de leur art respectif m’a frappé. En effet, d’un côté, Daryl, artiste émergeant au sein d’un groupe de métal. De l’autre, Anna, peintre accomplie plutôt spécialisée dans les portraits abstraits. Deux artistes aux antipodes, mais surtout en concurrence indirecte.

Mais le cœur du roman se cache dans cette intrusion de visions cauchemardesques de plus en plus obsédante qu’Anna semble seule à voir. Avec leur apparition, ce roman s’offre une petite virée aux frontières du fantastique et du thriller. Au fil des chapitres, la limite entre le réel et l’imaginaire se brouille, créant au passage une ambiance quasi-kafkaienne.

Je pourrais évoquer plusieurs thèmes (amour, folie, handicap…), néanmoins, il en est un qui les rassemblent tous : l’art.

Évidemment, ses représentations sont surtout picturales et musicales. Si elles délimitent les microcosmes des deux protagonistes, elle souligne également leur mise en concurrence. Mais l’auteur met également en avant ses propriétés d’éveil et thérapeutiques ; le caractère universel de son langage qui donne lieu à de multiples interprétations ainsi que leur complémentarité.

Les multiples références imprègnent l’œuvre jusqu’au style avec des descriptions très graphiques. Voyez plutôt :

Le vent avait cessé de souffler et de mélanger les teintes. Le grondement habituel n’animait plus aucune terre. Les sons manquent à cette cité et ne se faisaient plus entendre de manière feutrée. La lumière jaillissante dans les cieux n’éradiquait plus les gris. Ce changement avait suspendu l’effervescence de la splendeur.

Pour moi, les seuls bémols résident dans les fautes résiduelles et quelques maladresses de style. Rien de grave, juste de quoi perturber la fluidité de la lecture.

Le verdict

« Notre vie de tous les jours est une illusion derrière laquelle se trouve la réalité des rêves » — Croyance Shuars

Il ne pouvait y avoir meilleure citation pour illustrer ce primo roman, à moins que ce ne soit le contraire. Je vous laisse en juger.

Cette œuvre donne à s’interroger sur la place de l’inspiration dans le processus créatif. Si l’illustration est faite pour la peinture, cela vaut pour toute création de l’esprit. Qu’est-ce qui distingue le génie créatif ? Peut-il mener à une forme de psychose ? Autant de questions sous-jacentes qui nécessitent que l’on s’y attarde sans forcément parvenir à y répondre.

Mention spéciale pour les illustrations à chaque début de chapitre réalisées par l’auteur. En couleur, elles donnent le ton d’une façon peu habituelle. Voici ma préférée, histoire de vous donner un avant-goût.

illustration Freaks.jpg

En bref, cette romance à l’eau sombre mêle plusieurs genres sans complètement quitter la romance. Un récit rondement mené et très artistique qui séduira les amateurs d’art, mais pas seulement. De mon côté, je ne vous cache pas mon envie de suivre cet auteur émergeant.

Retrouvez Christophe Kayser sur sa page Facebook.

je recommande chaudement

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