[Dystopie] Evolutis 1 : De chair et de sang par Christie Bronn

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Bonjour à tous,

Pour ma première chronique SF, je me suis laissé tenter par un sous-genre aussi célèbre que répandu : la dystopie ! 1984, La Planète des Singes ou encore Fahrenheit 451 sont autant de classiques qui se prêtent encore au débat et à la réflexion.

La dystopie (ou contre-utopie) est un récit de fiction qui dépeint une société imaginaire dont l’organisation empêche ses membres d’accéder au bonheur. L’objectif de l’auteur est de démontrer les conséquences néfastes d’une idéologie et/ou d’une pratique. De ce fait, l’univers du roman doit être assez proche du nôtre pour permettre au lecteur de se retrouver dans le schéma et le fonctionnement sociétal.

Bon, finissons-en avec ce suspense ! Je me suis penchée sur le tome 1 de la saga Evolutis par Christie Bronn. Publié en 2015 par les Éditions de la Reine, De chair et de sang sait nous donner l’eau à la bouche.

Pour quels lecteurs ?

– Ados-adultes ;

– Amateurs de SF.

2033, Ébola a ravagé notre monde. Seule l’Europe survit, découpée en zones. Avec leur arsenal technologique, les Evolutis protègent ce qui reste de l’humanité.

Traquée, Emma doit lutter pour sa survie et contre la bête qui sommeille en elle. Son sang est une clé qui s’arrache à prix d’or.

Dans sa cavale solitaire, elle rencontre Ian. Il lui fait entrevoir ce qui peut la sauver ou la détruire : l’espoir. Ami ou ennemi ?

Tiraillée entre sa chair et son sang, elle devra choisir.

Pour un premier roman du genre, on peut dire que l’auteure place la barre haute. Elle ne se contente pas de nous exposer les effets néfastes d’une idée ou d’une pratique, mais plusieurs :

La technologie connectée constitue son fer de lance. Après les objets du quotidien, la gamme s’étend désormais aux véhicules, et à l’homme ! Ce véritable traqueur avec lequel la société est forcée de composer creuse encore l’écart entre riches et pauvres et marque un premier pas vers la robotisation.

Face cette situation chaotique où garder un contrôle absolu sur tout (santé, quotidien, médias, éducation, sécurité…) revient à assurer la survie de l’humanité, un personnage se dresse en Messie : Ferguson, le chef des Evolutis. Son alternative cache une forme insidieuse de despotisme bienveillant.

En filigrane, apparaît une autre cause, universelle : l’homme. Jamais la célèbre phrase du philosophe britannique Hobbes – « l’homme est un loup pour l’homme » – n’a eu meilleure illustration.

Les religions ne sont pas en reste comme le montre ce passage :

« Une prière d’autrefois me revient. D’avant qu’il soit interdit d’adorer un Dieu sous prétexte que c’est une des causes de nos guerres. »

D’ailleurs, le roman s’ouvre sur une citation tiré de l’épître aux Éphésiens, un texte important pour le christianisme qui a valeur d’enseignement.

Les personnages, quel que soit leur degré d’importance sont bien construits.

Emmanuelle, campe une adolescente mal dans sa peau, qui tente de survivre durant sa cavale. Elle nous administre, à petites doses régulières, des fragments de son passé, ce qui contribue à faire durer le suspense. Principal trait d’humour, son franc parlé est un pur régal.

Ian incarne son opposé. Ce personnage sombre, mystérieux, mais non moins attirant, l’aide à maîtriser ses capacités hors du commun.

Je ne vous en dis pas plus, je ne voudrais pas gâcher la surprise.

Côté style, Christie Bronn reprend les codes de son premier roman. Une narration à la première personne (du point de vue d’Emma) et au présent, ponctuée de quelques références. Oubliez Aznavour, ce coup-ci, c’est Lucienne Delyle qui ouvre le bal ! Les descriptions, elles, mettent toujours autant nos sens en émoi.

Le Verdict

Bien que l’action se situe en Europe, la protagoniste nous vient de l’autre côté de l’Atlantique. Là encore, l’auteure a su nous livrer un récit digne de la littérature américaine moderne car elle s’empare des thèmes majeurs : famille, renaissance, fin du monde, rituels de passage à l’âge adulte, grands espaces contre petits lieux de vies.

Le tout fonctionne plutôt bien malgré quelques petites approximations sans gravité.

Dans ce premier opus, Christie Bronn explore les profondeurs des vices humains, notamment le sadisme. Sans parler de similitudes, on peut déjà entrevoir quelques leitmotivs propres à la romancière. Le tome 2 est actuellement en cours de rédaction.

Avec un prénom signifiant « Dieu est avec nous », Emma sera-t-elle promise à de grandes choses ? Suite ou fin, il faudra encore attendre pour le savoir.

je recommande chaudement

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