[Aventure] Courir après les ombres par Sigolène Vinson

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Bonjour à tous,

Ce mois-ci, je vous propose un aller sans retour au soleil à la recherche d’un trésor introuvable. Si la situation prête à sourire, Sigolène Vinson ex-avocate et chroniqueuse à Charlie Hebdo la dépeint avec gravité.

Gros plan sur son roman, Courir après les ombres, paru chez Plon en 2015.

Pour quels lecteurs ?

-Tout public

-Adeptes d’une lecture sans prise de tête.

Paul Deville négocie les ressources africaines pour le compte d’une multinationale chinoise. De port en port, les ravages de la mondialisation lui sautent au visage et au cœur. La beauté du monde qu’il regarde sombrer. Faire table rase pour créer un nouveau modèle économique se paye au prix de millions de vies. Pour échapper à ses scrupules, Paul chasse un trésor d’une rareté sans égal : les « écrits jamais écrits » d’Arthur Rimbaud – il veut le croire, le marchand d’armes n’a pas tué le poète.

Trouvera-t-il plus que le soleil aveuglant, la culpabilité d’être et la fièvre ?

Au fil des chapitres, des personnages émergent comme autant de victimes. Mariam, Harg, Cush et Guedid, leurs vies perturbées par l’essor économique chinois nous donne à réfléchir et reconsidérer les priorités de notre monde à la dérive.

Trois grandes thématiques surnagent :

Telle une machine infernale, le destin écrase tout sur son passage. Même s’il tend vers une destruction totale, plus personne ne veut l’arrêter. Pourtant tous n’y sont pas enchaînés.

Repartir de zéro ou rêver à une vie meilleure, la fuite incarne l’unique alternative pour se détacher de sa destinée. Cependant, cette lutte pour survivre sonne comme une utopie car la mondialisation n’épargne aucun recoin du globe.

Personnages isolés, sans attaches voire apatrides. À l’heure où le commerce international fait fondre les frontières, l’appartenance à un pays ou un peuple devient illusoire. Ils vont là où l’espoir les porte sans s’encombrer de la loi et son diktat.

Au niveau du style, ce roman va à l’essentiel. Du haut de ses 208 pages, les chapitres courts s’avalent rapidement. Focalisés sur un personnage, ils les détaillent au fur et à mesure tout en conservant une pudeur touchante. La simplicité semble être le moteur de l’auteure car peu de figures de styles ponctuent la narration. Derrière le ton neutre, presque nostalgique, du narrateur omniscient, c’est Sigolène Vinson qui exprime une certaine culpabilité occidentale.

Le Verdict

Sans faire la promotion de l’écologie, ce roman dénonce les travers du capitalisme mondial. Entre rêve et réalité, ce voyage s’avère autant palpitant que triste. Même si l’analyse ne révèle que peu de choses, l’intrigue rondement menée se suffit à elle-même.

Il offre une vision décadente d’un monde à la solde de la Chine. Un combat gagné d’avance où les personnages secondaires nous touchent plus que le protagoniste.

En conséquence, les positivistes seront sans doute déçus. De mon côté, je trouve que la lenteur du rythme pèche un peu, même si l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

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